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Ciné Jeunes au village | 
Toute l’équipe du Cinéjeunes installe la salle avant la projection
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Dans la commune de la Wantzenau, le ciné club est entre les mains d’une douzaine de jeunes du village. Ils font tout, tous seuls: la programmation, les projections, l’information, la gestion… Une aventure très prenante pour faire vivre le cinéma de proximité à l’heure des multisalles et des DVD. Ce ne sont pas des cinéphiles avertis. Mais au cours des deux dernières années, ils n’ont pratiquement raté aucun des succès du box office et c’est avec responsabilité et souci de leur public que Nelly, Laure, Murielle, Olivier, Nicolas et une poignée d’autres copains ont pris en main le ciné-club de leur village. Tous les derniers vendredi de chaque mois, ils rassemblent près d’une centaine de spectateurs dans la salle plutôt spartiate du foyer culturel pour présenter un long métrage, qui, la plupart du temps, a déjà remporté les succès du box-office.
Situé à une dizaine de kilomètres de Strasbourg, la Wantzenau est une commune d’environ 5500 habitants dont près de 25 % ont moins de 20 ans. Depuis quinze ans, le ciné-club existe sous l’égide de l’équipe municipale qui fait appel aux services d’un projectionniste et loue projecteur et films auprès de la coopérative régionale du cinéma culturel (CCRC). L’activité cependant s’essouffle et ne parvient pas à équilibrer ses comptes. Ce sera la première mission confiée au nouvel animateur jeunes récemment arrivé dans le village. «Les jeunes aidaient à la mise en place de la salle, mais ils ne participaient pas davantage, se souvient Thierry Peck. L’activité n’était guère respectée, certains fumaient dans la salle, d’autres resquillaient. Il a fallu pendant trois ou quatre mois réguler les comportements et faire respecter les règles». Présidente à seize ans | 
A seize ans, Nelly Desfarges est la présidente du Ciné Jeunes
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Le maire s’adresse par lettre aux jeunes de sa commune les invitant à rejoindre le ciné-club pour reprendre le flambeau de l’ancienne équipe. Une dizaine d’entre eux âgés de seize à vingt ans répondent présents. « J’étais déjà venue voir des films et je m’intéresse beaucoup au cinéma, raconte Laure Leonart étudiante. J’ai eu envie de m’investir avec d’autres dans le ciné-club dont je suis aujourd’hui la trésorière. Pour Nelly Desfarges, encore lycéenne, c’est le goût de « participer à la vie de la commune » qui est à l’origine de son engagement. Aujourd’hui, à seize ans à peine, elle est devenue la présidente du ciné-club et ne ménage pas ses efforts pour assumer ses responsabilités.
Très vite, les jeunes bénévoles prennent complètement en main les rennes de l’activité grâce au soutien de l’animateur jeunes qui leur propose de fonder une Junior association. Ce dispositif créé à l’initiative de plusieurs fédérations travaillant dans le champ de l’éducation citoyenne, (voir www.juniorassociation.org) permet aux jeunes mineurs de donner à leur projet une forme juridique concrète et d’accéder à une véritable autonomie. «A la fin 2002, on a été la première junior association à ouvrir un compte bancaire en Alsace», raconte fièrement Nelly. Former des projectionnistesCe premier pas franchit, l’équipe décide de former ses propres projectionnistes car les frais engagés pour l’appui d’un professionnel sont jugés trop lourds. Nicolas et deux autres copains, effectuent une formation de quatre jours proposée par le CCRC. « Je fréquente pas mal le cinéma et ça m’intéressait d’en connaître le coté technique, explique-t-il. C’est une manière de mieux comprendre comment ça marche, de s’approcher des coulisses. On a visité de vraies cabines de projections et avec cette petite formation, on peut même devenir assistant projectionniste pendant les vacances d’été. »
Peu à peu, chacun trouve sa place et ils ne sont pas trop de douze pour faire face aux multiples tâches qu’il faut se répartir : installer la salle avant chaque projection car le foyer culturel accueille bien d’autres événements pendant le mois, des mariages aux répétitions du club théâtre. À chaque fois, il faut placer les chaises, monter le projecteur portable loué à la coopérative régionale du cinéma, tenir la billetterie, acheter et vendre boissons et confiseries, faire de la publicité dans les magasins du village, dans le bulletin municipal et sur la chaîne câblée pour le film programmé, régler les factures, tenir les comptes, demander les subventions … «C’est un gros travail, reconnaît Nelly, mais c’est satisfaisant on y apprend plein de choses et le conseil municipal nous fait confiance. » 
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Le projecteur loué pour la soirée, c’est l’affaire de Nicolas et Olivier
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Une programmation grand publicEn début d’année scolaire, le calendrier des projections est établi. L’équipe se retrouve ensuite tous les trimestres pour établir la programmation à partir d’une liste de films mis à disposition par la coopérative régionale du cinéma, six semaines après leur sortie en salle. Cette année, Les choristes, Bruce tout puissant ou encore Astérix et Cléopâtre ont rempli la salle du foyer. «Les discussions entre nous sont parfois longues car nous n’avons pas toujours les mêmes goûts, reconnaît la jeune présidente, mais on a tendance à reprogrammer les succès qui ont été enregistré dans les salles en ville et ce qui marche pour eux, marche aussi pour nous, on le vérifie régulièrement».
La plupart des spectateurs ont entre dix et vingt ans mais l’équipe tente d’élargir son public en innovant. Depuis un an, elle convie les plus jeunes de la commune pour une projection de dessin animé pendant les vacances scolaires. Ce sont au total quatre séances supplémentaires qui rencontrent un vrai succès et sont devenues indispensables à l’équilibre financier du ciné-club. L’été, à la tombée de la nuit, le Ciné-jeunes organise une soirée cinéma en plein air. A l’affiche deux films pour la famille, avec buffet et buvette. Deux cent cinquante personnes ont goûté avec bonheur aux délices du grand écran sous les étoiles. Une expérience qui s’inscrit désormais dans le calendrier annuel des festivités de la commune, c’est dire si le Ciné Jeunes a fait du chemin. Elargir le publicCes deux nouveautés ont largement contribué à développer le public du Ciné Jeunes qui lui est devenu fidèle. «Je viens régulièrement témoigne Arthur 12 ans, je retrouve mes copains c’est sympa ». Une mère de famille apprécie de pouvoir retrouver un film qu’elle n’a pas eu le temps de voir au moment de sa sortie. Ce rendez-vous cinématographique bon enfant apporte au village une animation supplémentaire. «Beaucoup de parents n’ont pas le temps d’emmener les enfants dans les multisalles environnantes, c’est loin et ça finit par coûter cher, estime Murielle, la jeune secrétaire de l’association. Ici, c’est facile. Ils ont confiance, ils peuvent les laisser et venir les rechercher pour trois euros… ».
En un an près de 3000 personnes ont fréquenté le Ciné Jeunes. A l’heure du DVD et des multisalles, cette poignée de jeunes perpétue avec enthousiasme la tradition du cinéma de proximité, convivial et à l’écoute de son public. «C’est important de faire vivre le cinéma dans la commune, estime Nicolas, le projectionniste, les gens se retrouvent avec plaisir , ça créé une bonne ambiance, les jeunes passent une bonne soirée avec leurs copains … »
L’air de rien, en dépit des chaises en bois du foyer ou des pannes de projecteur qui font parfois prendre du retard, l’équipe du Ciné Jeunes réussit tous les mois ce petit miracle et contribue à faire vivre au cœur du village ce cinéma qui continue de faire rêver, rire ou pleurer toutes générations confondues.
Auteurs: Corinne Cumerlato/CRDP d'Alsace.
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