European Medi@Culture-Online http://www.european-mediaculture.org
Auteurs: Bischoff, Claude.
Titre: Internet et logiciels en Langues Vivantes.
Source: CRDP d'Alsace 2004.
La publication est faite avec l'aimable autorisation de l'auteur.
Claude Bischoff
Internet et logiciels en Langues Vivantes
A une époque où le métier d’enseignant devient plus difficile et plus complexe, mais aussi plus riche, les Technologies de l’Information et de la Communication apportent à un rythme effréné une multitude de possibilités nouvelles qu’il n’est pas facile de maîtriser, devant la pression conjuguée des progrès techniques et des innovations pédagogiques. L’on ne peut plus guère aujourd’hui se permettre d’ignorer ces pistes nouvelles, qui sont appelées à modifier en profondeur le travail quotidien du professeur de langues.
La
vitesse du phénomène est telle qu’il est
difficile d’y voir clair dans la perspective d’une
exploitation pédagogique:
Comment trouver des repères
et des constantes, sans se laisser griser par l’ivresse
technologique? Comment s’équiper sans se lancer dans une
véritable course aux équipements? Comment renouveler
ses supports sans passer ses nuits à arpenter le web, à
la recherche des derniers documents mis en ligne? Comment diversifier
son travail sans risquer un émiettement des pratiques?
L’appellation contrôlée “Information et Communication” engage l’enseignant dans deux directions: la recherche de documents et de ressources actualisés d’une part, un nouveau mode de communication tant avec les collègues qu’avec les élèves d’autre part.
Des
sites innombrables apportent une marée d’informations,
toutes disponibles d’un simple clic de souris, un flot
ininterrompu qui saisit de vertige. S’il n’y prend garde,
l’enseignant qui se lance dans des recherches d’informations
se trouve pris dans une quête éperdue, sans fin,
épuisante.
Il convient donc de retenir quelques principes
simples, pour éviter une noyade prématurée dans
l’océan des données numérisées.
Trois
types d’outils interviennent dans la recherche d’informations:
l’annuaire, le moteur, le portail.
Ces trois possibilités
sont souvent combinées sur un même site.
l’annuaire
propose des listes raisonnées de sites,
classés par rubriques thématiques de plus en plus
précises. Si je veux exploiter le film Good Bye Lenin,
je peux recourir, par exemple, à l’annuaire du site
Google: www.google.de
et emprunter l’itinéraire suivant:
Verzeichnis
(annuaire) à Kultur à
Film à Titel
(titre)à G à
Good bye Lenin (9):
Je
trouve donc 9 adresses de sites, ou de pages dans un site, dont le
site officiel du film, des sites consacrés au cinéma,
des sites de critiques de films, des sites personnels de fans du
films. Tous ces sites livrent une grande quantité
d’informations sur le contenu du film, la réalisation,
les acteurs, la réception auprès du public, la
critique, avec des articles de presse, des extraits de la bande son,
des photos et parfois des extraits vidéo du film, etc...
Les
annuaires offrent beaucoup d’adresses intéressantes
mais le chemin peut être fastidieux, avec parfois des choix
délicats dans les catégories successives.
le
moteur de recherche accède
directement à des pages correspondant à des mots clé.
Par exemple, si je cherche des exploitations pédagogiques
d’un film en cours d’allemand, déjà
réalisées par des collègues et mises en lignes,
je peux utiliser, par exemple, la fenêtre de la page d’accueil
de ce même site Google (considéré, en
juin 2004, comme l’un des meilleurs moteurs) et taper les mots
clé: “Good bye Lenin” “exploitation
pédagogique”, séparés par un espace:
le moteur va indiquer toutes les pages où apparaissent à
la fois les deux expressions indiquées (les guillemets
servant à faire chercher l’expression comme un tout
indissociable, ce qui évitera de trouver des résultats
surprenants, comme “exploitation de l’homme par
l’homme “ ou encore “exploitation
pétrolière”).
Les
moteurs donnent souvent les résultats les plus rapides
(l’accès à une oeuvre d’auteur à
partir d’une simple citation par exemple), mais parfois ils
peuvent demander beaucoup de temps ou même échouer
dans la recherche. Cette démarche nécessite
l’apprentissage d’une technique fine, faisant appel à
la logique et à l’expérience. Il faudra
apprendre à osciller entre des mots-clé trop flous qui
génèrent des milliers de réponses, et des
mots-clé trop précis pour lesquels le moteur ne trouve
rien, ou encore à utiliser des synonymes, puisque des mots
exacts sont requis. (exploitation pédagogique peut
donner un résultat que ne donnait pas utilisation
pédagogique et inversement). Heureusement les moteurs de
recherche proposent sur la page d’accueil de leur site des
guides d’utilisation, fort utiles pour optimiser la recherche.
Notons qu’il est souvent plus rentable de bien se familiariser
avec un moteur, plutôt que de vouloir utiliser plusieurs
moteurs et métamoteurs (le “métamoteur”
permettant de combiner les recherches de plusieurs moteurs).
Le portail, est un site non généraliste mais dédié à un domaine particulier (par exemple l’enseignement de l’anglais) et incluant un annuaire et un moteur de recherche, avec souvent des explications sur l’intérêt des sites sélectionnés. Un bon portail est une sorte d’outil sur mesure et les sites consacrés à l’enseignement des langues en ont réalisé d’excellents.
L’on
se retrouve ainsi doté de longues listes d’adresses, que
l’on peut enregistrer dans les Favoris de son Navigateur
(Internet Explorer ou Netscape par exemple), à moins de les
copier dans des fichiers Word (par copier-coller).
Mais là
encore, la meilleure stratégie est donc sans doute de choisir
un petit nombre de sites de départ, que l’on apprend à
bien connaître. Le principe est que le web fonctionne en effet
comme une toile d’araignée: de quelque endroit que je la
saisisse, toute la toile vient à moi. Dans le domaine des
langues vivantes, les différents portails renvoient les uns
aux autres.
Dans
cette perspective, une entrée simple et efficace est celle des
sites académiques (qui ont tous des adresses identiques:
www.ac-nom
de la ville.fr
). Ainsi le micro-site d’allemand de l’Académie de
Strasbourg renvoie-t-il à une carte de l’héxagone
qui permet d’accéder directement au site d’allemand
de chaque académie. Comme l’on retrouve cette
possibilité pour les différentes langues, il n’y
a plus qu’à faire le tour de France des sites de
langues, et à repérer les sites les plus riches, que
l’on consultera régulièrement.
Ces
micro-sites de langues offrent, outre un grand nombre de liens,
d’informations institutionnelles et de pistes pédagogiques,
des compte-rendus d’utilisation des TIC en cours de langue. En
particulier, des présentations et analyses des meilleurs
logiciels éducatifs en langues.
La qualité des portails de langues réalisés dans les sites académiques nous dispense, dans le cadre de cet article, de donner de longues listes de liens pour chaque langue. [Note en bas de page ?]
Le Ministère de l’éducation Nationale propose sur son site pédagogique Educnet des rubriques langues, montrant notamment les possibilités d’utilisation des TIC:
http://www.educnet.education.fr/langues/default.htm
Une
autre voie royale est celle du réseau CNP-CRDP, avec un moteur
de recherche dédié à la pédagogie
http://www.cndp.fr/spinoo/
, et de nombreuses pages pédagogiques sur les sites des
différents CRDP (ainsi le CRDP d’Alsace tient-il, dans
les différentes langues, une rubrique “Quoi de neuf”
consacrée à l’actualité pédagogique
et culturelle régionale, mais aussi nationale.)
Par
ailleurs les sites, à l’étranger, d’instituts
culturels ou d’universités sont d’une grande
richesse, ainsi que les sites personnels de professeurs de langue,
souvent très complets, et n’hésitant pas à
mettre en ligne des ressources expérimentées en cours,
des séquences pédagogiques ou des exercices
interactifs.
L’introduction
de technologies et de méthodes nouvelles en langues, que les
manuels scolaires peinent parfois à intégrer, suppose
une mutualisation des ressources et des pratiques, un travail
collaboratif régulier entre enseignants.
Des réseaux
ont commencé de se constituer, superposant à la
communication hiérarchique traditionnelle une communication de
tous vers tous, qui s’enrichit et se complexifie rapidement.
L’enseignant a besoin de sortir de son isolement, de mettre en
commun ses découvertes, ce qu’il peut faire assez
facilement en s’abonnant à des listes de diffusion,
extraordinaires lieux d’échange de trouvailles, d’idées
d’exploitation, d’informations, de réflexions sur
la pratique. Les listes permettent également de faire part de
ses interrogations, de ses doutes, ou de questions qui peuvent être
ponctuelles (comment traduire telle expression? où retrouver
tel texte? qui peut répondre à telle demande de
partenariat scolaire?etc...) Il est rare que l’on ne recoive
pas rapidement des réponses émanant de plusieurs
correspondants.
Des listes se sont crées
pratiquement pour toutes les matières, et il faut y ajouter le
“Café Pédagogique”, dont les
articles, expédiés deux fois par mois aux abonnés
ou consultables sur le site, ( www.cafepedagogique.net
) concernent aussi bien les disciplines que la didactique générale.
Il
n’est pas exclu de songer aussi à une communication
suivie avec les élèves, collective ou individualisée,
pour leur envoyer des documents complémentaires, des consignes
et conseils, ou pour répondre à leurs questions. Là
où elle se fait, cette forme de travail à distance est
fort appréciée des élèves, mais elle pose
encore problème, pour au moins deux raisons:
tous
les élèves ne sont pas connectés chez eux (même
s’ils sont de plus en plus nombreux) et l’on créerait
ainsi une forme d’inégalité, et d’autre
part la généralisation de cette pratique risquerait de
charger le professeur d’un travail supplémentaire
conséquent, sans doute non rémunéré.
L’idée
d’un cahier de texte virtuel, consultable sur le site de
l’établissement par les élèves, et
peut-être par les parents, (voire les inspecteurs...) paraît
plus facile à réaliser: de nature à faire tomber
les murs de la salle de classe et à battre en brèche le
huis-clos du cours, cette idée risque toutefois de rencontrer
quelques réticences.
Dans
les années 80, l’introduction de l’audio visuel
avait fait entrer l’ensemble magnétoscope-téléviseur
dans la salle de cours: des procédures nouvelles avaient
certes été initiées, mais qui restaient calquées
sur le modèle du cours traditionnel, où le maître
fait face à ses élèves qui l’écoutent,
prennent parfois la parole, répondent aux questions, et font,
tous en même temps, les activités
proposées.
Aujourd’hui, avec l’arrivée
d’internet et le développement des TIC dans toute leur
diversité, la réflexion ne porte pas seulement sur
l’exploitation de supports plus attrayants et plus motivants,
mais aussi sur les possibilités de changer jusqu’aux
formes de travail.
Il s’agit de vraiment prendre en compte
la nouveauté de l’outil pour ne pas reproduire des cours
magistraux où l’ordinateur remplacerait simplement le
manuel, où le moniteur serait un substitut du cahier, le
clavier du stylo. C’est donc tout un dispositif qui est à
concevoir.
De fait, deux logiques peuvent cohabiter:
Si
l’on reste dans une logique d’enseignement traditionnel,
pour des activités de classe menées en commun, où
les échanges à l’oral impliquent tout le
groupe-classe, où le professeur dispense informations et
explications, l’on peut s’accomoder d’une salle
multimédia “universelle”.
Les postes, en réseau
et connectés à internet, sont en général
alignés: soit le professeur fait face à des rangées
d’ordinateurs dont il aperçoit la facade arrière,
soit il circule dans une allée centrale, les élèves
étant plutôt tournés vers le mur...
Le
vidéoprojecteur est alors un élément
indispensable: il permet de projeter à tout le groupe des
textes ou des diaporamas, de montrer des documents iconographiques et
des pages web, de diffuser à tout le groupe des
enregistrements audio (avec haut-parleurs) ou vidéo.
Ce
dispositif se prête bien à tâches de lecture ou
d’écoute, par exemple des recherches sur internet, avec
l’avantage que les élèves peuvent travailler
selon des rythmes différents.
Si
l’on privilégie des formes de travail individuelles, ou
par binômes, ou en groupes, si l’on travaille par projet
–personnel ou collectif, des dispositifs différents
s’imposent: de là l’utilité d’installer
des espaces dédiés aux langues, équipés
en multimédia, mais incluant aussi des supports plus
traditionnels. Le principe pourrait être de créer non
des alignements mais plutôt des îlots, sortes d’ateliers
parmi lesquels le professseur circule et peut suivre à tout
moment les travaux particuliers.
Le travail en espace-langues est
centré sur l'élève et s'inscrit dans une logique
de circulation et d'échanges. L’espace-langues favorise
les activités en autonomie, qui pourront s’effectuer
aussi en dehors du cours. Dans cette perspective, il s’agira de
créer un espace très ouvert, où l’on
pourra trouver, outre les postes multimédia, différents
“coins” destinés à la lecture, à des
échanges oraux, à la consultation d’utilitaires,
etc. Par ailleurs, il faudra songer à inclure dans l’espace
langues au moins un poste téléviseur- magnétoscope
et un magnétophone à cassettes pour continuer
d’utiliser tous les documents disponibles sous forme de
cassettes magnétiques (vidéo et audio), quitte à
numériser progressivement les séquences les plus
souvent exploitées, surtout si elles sont brèves, de
manière à profiter de la mise en réseau des
ressources.
Le réseau permet notamment à plusieurs
élèves de travailler simultanément sur le même
document, à partir de postes différents, et à un
élève de poursuivre une activité interroùmpue
un autre jour, à partir d’un autre poste, puisque ses
résultats (son “score” pour l’activité
) sont enregistrés sur le serveur du réseau.
(sur
la notion d’espace-langue, l’on consultera avec profit le
site
suivant:
http://www.ac-reims.fr/datice/langetrangeres/espace_langues/espace_ou_labo.htm#specificite
)
L'on
voit que l’occupation de l’espace est aussi importante
que le choix du matériel.
Cependant, l’explosion
technologique actuelle est telle qu’il faut bien calculer sa
stratégie d’achat, sous peine de voir un matériel
onéreux rester largement sous-utilisé.
Cela suppose
une réflexion impliquant toute l’équipe des
professeurs de langues, et faisant appel, dans chaque Académie,
aux conseils des “Missions TIC”.
Le
remplacement du support magnétique par la numérisation
pour diffuser sons et images, provoque le développement
exponentiel des supports, mais contribue en même temps à
simplifier les problèmes d’équipements.
Le
principe le plus simple et de considérer que toutes les
données ( textes – images – sons - photos -
séquences vidéo ou audio), sont numérisables et
dès lors accessibles sous forme de fichiers: le poste
multimédia représente ainsi à lui seul tout un
labo de langues.
Aujourd’hui le poste multimédia “de base” (c’est-à-dire n’impliquant pas un ordinateur aux possibiltés exceptionnelles) permet ainsi:
La lecture
de tous documents visuels et sonores:
Textes,
pages web, photos, caricatures, tableaux, animations, séquences
audiovisuelles (extrait de films ou de journaux télévisés)
séquences audio (chansons, reportages, sketchs) télés
et radios en direct, etc.
Cela suppose un équipement en
lecteurs de DVD-CD, un ou plusieurs casques par poste (pour un, deux
ou trois- voire parfois quatre élèves ):
Un travail
en interactivité:
L’élève
peut travailler en autonomie et s’autoévaluer, ses
résultats peuvent être mis en mémoire,
consultables par l’enseignant.
Des
productions variées à l’écrit et à
l’oral:
Rédaction
de textes, envoi de mails, participation à des forum ou des
chats, enregistrements audio, voire vidéo, par le biais d’un
micro ou d’une webcam.
Internet peut être un support de cours comme un autre, point de départ et occasion d'activités communes proposées par l’enseignant: les élèves peuvent travailler à des rythmes différents, mais l’enseignant a la possibilité (par le biais d’un vidéoprojecteur) de projeter des documents au groupe, par exemple sa propre page –écran pour les consignes, les démonstrations, les aides, les corrigés.
La
démarche est d’inviter l’élève à
suivre un parcours balisé de découverte d’internet:
les adresses de sites ou de pages à visiter sont données,
et il s’agit de collecter des renseignements précis.
(Dans un deuxième temps, l’on peut ne plus donner
l’adresse et les élèves doivent trouver eux-mêmes
le site.)
Pour ce qui est des objectifs, c’est surtout la
compréhension séléctive qui est entraînée,
mais l’on vise aussi la constitution d’un langage commun
pour gérer les échanges au sein du groupe, ce qui
suppose l’acquisition d’un lexique spécifique
(maus, Maus, raton pour la souris, to click, anklicken,
pour cliquer, etc.) et un travail sur l’injonction (être
capable de donner / de comprendre une consigne).
Ces activités
prendront volontiers une forme ludique par quiz ou jeux concours,
soit au sein de la classe ( les élèves se proposent
entre eux des recherches d’informations) soit en s’inscrivant
à des concours sur internet.
Par
exemple, les Défis Internet Langues, concours
interactif et multimédia sur internet conçu par des
élèves pour des élèves, et qui concerne
la plupart des langues, du primaire au lycée.
(http://www.ac-versailles.fr/pedagogi/defi
)
La
page web peut également servir de support à des
activités de compréhension détaillée,
d’un type tout à fait traditionnel. Des manuels récents
proposent des pages à consulter en ligne et des questionnaires
ou des grilles à compléter en relation avec ces pages.
Dans un certain nombre de cas, les réponses attendues sont
identiques pour tous les élèves, le support étant
utilisé comme un document fermé. Il s’agira par
exemple de repérer, sur une page d’un site contre le
tabac, les différents argument utilisés.
On voit que
l’activité serait pratiquement la même avec un
texte du manuel, avec la possibilité tout de même de
multiplier des supports actualisés et de se familiariser avec
des environnements graphiques et des mises en page.
Il faut
cependant toujours se poser la question:qu’est ce qui justifie
l‘investissement de temps et d’énergie lié
à l’utilisation d’internet?
Certaines activités
peuvent convenir à une première découverte de la
navigation sur internet, mais risquent de devenir rapidement
démotivantes.
Or
l’intérêt d’utiliser internet réside
justement dans la possibilité d’introduire des variantes
et des éléments de surprise.
Toute la tâche de
conception d’activités sera donc tout à la fois
de cadrer les activités selon des objectifs, permettant à
la classe de travailler les mêmes fonctions langagières,
les mêmes notions, le même lexique, et de laisser
pourtant chaque élève faire des choix personnels et des
découvertes originales.
L’on peut ainsi partir d’un
invariant: situations de communication et attentes de lecture,
structures langagières, lexique spécifique sont donnés.
Mais les sites offrent des informations variables, il y a place pour
des surprises. Les choix et les productions varient d’un élève,
d’un binôme, d’un groupe à l’autre. De
là des confrontations motivantes une fois les résultats
trouvés. ( à noter qu’il faut avertir dans
certains cas les élèves qu’ils ne trouveront pas
forcément tous les renseignements recherchés, selon les
sites consultés).
Citons quelques exemples, qui allient et articulent des activités de compréhension et d’expression semi-guidée ( certains de ces exemples sont empruntés aux Cahiers d’activités de la méthode Deutsch als Pass, d’autres au site du Goethe Institut)
travail sur les signes du zodiaque: une grille de repérage pour relever et classer les informations trouvées sur plusieurs pages d’horoscopes sur le net; puis rédaction d’un horoscope (personnel!) , en utilisant des modalisateurs
trouver et classer des informations sur un personnage célèbre (une grille aide à la reformulation: âge, nationalité, hobbys, carrière, partenaire, etc.) puis faire deviner par les autres de qui il s‘agit
trouver des horaires de trains: ( éléments variants: le jour du voyage, les lieux de départ et de destination, les demandes du client. Structures: les indications de temps et de lieu, le lexique spécifique des voyages en train) - tableau à compléter (horaires, quai, gares intermédiaires, ) pour préparer un dialogue (au guichet: donner ou demander un renseignement)
choix de métier: chaque élève peut choisir le métier qui l’intéresse et noter le descriptif, puis rendre compte. (grille de préparation: description du métier, durée de la formation, conditions à remplir
trouver un lieu sur un plan en suivant les indications données: “Gehen Sie die LeipzigerstraBe hinunter Richtung Hauptbahnhof... “ (descendez la rue de Leipzig en direction de la gare centrale...)
trouver des informations sur des familles qui se présentent sur leur site personnel, ou même décrire leur maison (les visites virtuelles d’intérieurs par petites séquences vidéo interactives sont très à la mode! )
lettres ou cartes interactives, (et même des lettres d’excuses fantaisistes pour absence en classe!) avec choix par menus dérourants permettant de nombreuses variantes
Dans le monde entier,
la plupart des journaux, des radios et des télévisons
ont aujourd’hui leur site. De là une source inépuisable
de documents pour la classe, dont une grande partie est accessible
gratuitement.
Cela
ouvre la possibilité très motivante de réagir
immédiatement à l’actualité. Les pistes
sont évidemment multiples, en relation avec la diversité
des supports.
travail sur
des fichiers téléchargés à partir
d’internet (pouvant donc être enregistrés et
imprimés.)
Par exemple: exploiter un article paru le jour
même ( mais trouvé sur internet la veille et déjà
didactisé!) ,
comparer
plusieurs articles de différents journaux consacrés au
même thème, analyser les photos de presse, comparer sur
les unes des journaux parus le même jour, diffuser des
séquence son ou vidéo, etc.
travail en direct: informations radio, journaux télévisés, dépêches d’agence: il y a là une immersion dans la langue étudiée mais le plus souvent le “direct”, diffusé en “streaming”, ne peut être enregistré.
L’on voit que le travail sur l’actualité est une manière de familiariser l’élève à la culture de l’autre tout en l’éduquant aux médias, sans cesser de poursuivre des objectifs linguistiques.
Ce
travail (effectué au Lycée Freppel à
Obernai en 2001-2002) s’est fait en relation étroite
avec une unité du manuel Projekt, Classe de seconde.
Nous
avons invité les élèves à visiter le site
d'un lycée à Eisenach, en Thuringe, le Martin Luther
Gymnasium ( Adresse: www.mlg.wartburg.de
), puisque le "personnage principal" que l'on retrouve
d'un chapitre à l'autre est élève d'un lycée
de cette ville, et que le manuel consacre deux pages au personnage de
Martin Luther.
L'adresse indiquée par le manuel (
www.schulweb.de
) initie les élèves à l'utilisation d'un
annuaire, en les obligeant à chercher le site du lycée.
Le Schulweb permet en effet d'accéder à tous les sites
internet des établissements scolaires d’Allemagne.
La
recherche est plus longue que par un moteur de recherche, mais plus
formatrice, en passant par une carte des Länder, à
condition toutefois de faire cliquer les élèves sur le
petit drapeau allemand, pour avoir la version allemande!
La page d’accueil comprenait 18 rubriques, mais nous avons indiqué aux élèves les rubriques à privilégier, c’est-à-dire celles qui étaient le mieux illustrées et en même temps qui correspondaient à nos objectifs culturels et linguistiques:
Virtueller Rundgang: viste virtuelle alliant de manière très efficace photos, plans du lycée et textes brefs et abordables, correspondant aux moyens langagiers proposés par le manuel.
Schüler (élèves): les classes, malheureusement sans photos, mais avec les matières principales "Grundkurse" et "Leistungskurse" . L'on trouve aussi une biographie succincte de deux anciens élèves célèbres: Bach et Luther. Ces pages peuvent être exploitées en relation avec d'autres documents du manuel: Martin Luther et Johann Sebastian Bach
Lehrer (professeurs): tableau présentant tous les professeurs, avec des informations variées (âge, matière enseignée, heures de rendez-vous, date d’arrivée dans l’établissement). Ce type de support est idéal pour présenter un personnage, d'autant plus qu'il y a la photographie de chaque professeur.
Schülerzeitung: journal scolaire, où l'on trouve les articles du dernier numéro et les archives.
Aktuelles: rubrique montrant bien la vie du lycée, les manifestations et les projets: à exploiter en relation avec un document du manuel: Surfen im Internet-Café, avec notamment l'institution "Tag der offenen Tür" (journée portes ouvertes)
Arbeitsgemeinschaften: cette rubrique, qui présente des activités d’ateliers très variés (chorale, astrologie, norvégien,danse, etc.) ne comprend malheureusement que des textes.
Projekte (Projektarbeiten): les différents projets de classes ou d’élèves ( par exemple des actions citoyennes), plus nombreux que dans les lycées français.
Reisen ( les voyages scolaires): compte-rendus et photos des sorties et voyages.
Ce
type de site montre bien comment un travail peut être mené
en adéquation avec le thème de l'unité Schule
(l’école).
Le manuel permet de familiariser les
élèves avec le lexique spécifique, ce qui
représente une aide à la compréhension des pages
web.
Intérêt
civilisationnel:
Comme le précise le manuel, il
s'agit de "découvrir un établissement scolaire
allemand et son site internet". Cette ouverture au système
scolaire allemand s'est avérée riche en informations,
notamment pour ce qui concerne la vie du lycée: étonnement
des élèves devant le nombre et la variété
des projets et activités proposés aux élèves
allemands.
Projet
linguistique:
La visite du site avait pour objectif de
réinvestir les moyens langagiers découverts dans le
manuel, mais en observant une école réelle.
Dans le
projet linguistique annoncé par le manuel pour l'Unité
1, nous avons retenu de manière prioritaire:
la localisation ( en relation avec les supports du manuel qui décrivent et situent dans l'espace les bâtiments d'un lycée ).
la présentation de personnages ("l'on s'exerce à communiquer des renseignements sur soi-même, ses camarades, ses professeurs"), le tableau de la rubrique Die Lehrer s'y prêtant bien.
On aurait pu y ajouter l'expression de la chronologie: historique du lycée, vie de Luther et de Bach.
Les
élèves ont été intéressés
particulièrement par les rythmes de travail (emplois du temps
et vacances), les effectifs, les professeurs, les cursus d'études
et les matières enseignées ( l'importance du latin par
exemple ).
Ils ont apprécié la visite virtuelle des
bâtiments.
Cependant, nous n’avons pu reprendre cette activité cette année, le site du lycée étant en réaménagement. Cela fait partie des risques du web. Mais il est très facile de trouver des sites d’établissements scolaires permettant un travail semblable, souvent avec des séquences vidéo et/ou audio pour la visite virtuelle et la présentation des activités (jazzband, par exemple).
Les
activités et les recherches - plus ou moins guidées - à
partir d’internet sont très motivantes pour les élèves,
dans la mesure où elles s'appuient sur des documents
authentiques, souvent attrayants. Cependant, il est possible de
donner encore une autre dimension au cours de langue, si l’on
réussit à inscrire les objectifs linguistiques et
civilisationnels dans le cadre d’un projet véritable.
Les
classes, lorsqu’elles adhèrent à un projet,
s’impliquent dans une dynamique, qui mobilise non seulement
l’attention, mais encore l’esprit d’initiative et
la créativité.
L’exemple
(déjà) classique est celui de la visite (réelle
ou virtuelle) d’une ville ou de l’organisation d’un
voyage scolaire. Les élèves se répartissent par
groupe pour recueillir sur différents sites, ou au besoin par
des échanges de mails toutes les informations utiles: horaires
de train et réseau routier, possibilités d’hébergement,
activités sur place, musées, restaurant, itinéraires
dans la ville, utilisation du métro, bus, tram, etc.
Puis
les sous-groupes transmettent ces informations au reste de la classe
et les échanges peuvent s’engager: les décisions
seront prises en commun après discussion sur la base des
renseignments recueillis.
Le projet fait ainsi vivre au groupe une
situation authentique avec des problèmes à résoiudre
et des décisions réelles à prendre.
(voir
aussi le projet “Die Reise nach Köln” qui
articule les activités linguistiques autour d’un voyage
(virtuel) à Cologne
http://www2.ac-lille.fr/allemand/reisekoeln.htm
)
Nous
voudrions rapporter ici un autre exemple de projet impliquzant toute
une classe:
une correspondance électronique, réalisée
au cours de l’année 2001-2002 entre une classe de 1ère
du Lycée Freppel d’Obernai (en allemand LV2) et une
classe de “11ème” - niveau correspondant à
la 1ère- , du Gymnasium (lycée) d’Erding, près
de Munich.
Les
deux établissements sont partenaires dans le cadre d’un
échange qui existe depuis plusieurs années. L‘année
précédente quelques élèves de la classe
(au nombre de 4), avaient comme correspondants des élèves
d’Erding appartenant à l’autre groupe: ils les
avaient accueillis à Obernai (mars), puis avaient séjourné
à Erding (juin.).
Mais la plupart des élèves
découvrait des correspondants nouveaux.
(Cependant l’on
pourrait envisager aussi une correspondance par internet qui précéde
le séjour à l’étranger).
Les enseignants impliqués – un professeur d’allemand à Obernai, un professeur de français à Erding- se connaissaient, ayant déjà accompagné les élèves dans le cadre de l’échange. Ils ont pu définir contenus et modalités de la correspondance par des échanges de mails plusieurs semaines à l’avance.
Le thème choisi pour les échanges entre élèves a été la lutte contre le racisme et les préjugés. Les élèves allemands souhaitaient travailler sur ce thème, à la suite d’actions de sensibilisation dans leur lycée. Mais le thème correspondait aussi au “projet fédérateur” du lycée Freppel pour 2001-2002, intitulé “L’Autre et moi” ( le “projet fédérateur” lancé plusieurs années de suite au lycée sur des thèmes différents, est un projet à l’année, qui implique la plupart des classes et des matières, dans une perspective d’action citoyenne).
La durée prévue était de 10 semaines, sachant que l’échange ne prendrait pas toutes les heures de cours et que le travail habituel en langue se poursuivrait en parallèle. Cependant une unité thématique sur les problèmes liés au racisme était prévue de toute manière dans les deux classes partenaires. Cette unité a donc été abordée pendant la période d’échange.
Pour
correspondre, les deux classes partenaires ont constitué des
groupes par affinités - et non par niveaux: 3-4 élèves
par groupe à Obernai, contre 2-3 élèves à
Erding, où la classe était moins nombreuse.
Il
a fallu tout d’abord donner à chaque groupe une adresse
électronique: à Erding, c’est le site du lycée
qui a attribué les adresses; à Obernai les groupes ont
été hébergés sur le site
www.educalsace.net
, portail qui propose un service de messagerie pour les
établissements scolaires de l’Académie de
Strasbourg.
Il
était prévu de travailler par correspondance par
courriers croisés, car une correspondance alternée (où
les groupes doivent attendre un message et ensuite répondre à
ce message) aurait produit un rythme trop lent. Il était donc
prévu d’expédier les messages de contenu ou
d’objectif identique dans la même semaine, de les lire et
d’envoyer des réponses croisées la semaine
suivante. La classe d’Erding pouvait accéder à la
salle multimédia le mercredi, la classe d’Obernai le
samedi: il s’agissait d’heures en groupes, avec l’aide
de l’assistante, surtout dans les phases de rédaction de
courriers.
Nous n’avions pu organiser des chats, échanges
en direct, car l’échange s’était décidé
alors que les emplois du temps étaient déjà
faits, et les deux classes n’avaient jamais cours en même
temps.
Le
rythme prévu au départ n’a pu être tenu, et
le projet s’est étendu plus longtemps que prévu,
de novembre à mai, avec des périodes d’interruption,
pour des raisons diverses: difficultés techniques (la salle
multimédia venait d’êtree installée), salle
non disponible, cours déplacés, élèves en
sortie scolaire etc.
Malgré cela, l’intérêt
des élèves et leur disponibilté était
intacte à chaque reprise des échanges, en partie par la
plaisir de correspondre en réalité avec des partenaires
de leur âge, en partie parce que le projet visait une
production ( court-métrage vidéo). Si la correspondance
reste limitée à des échanges d’idées,
à des questions et réponses sur un thème (ce qui
peut être tout à fait légitime), il vaut sans
doute mieux réduire la durée de l’échange
( 5 à 8 semaines suffisent).
Il avait été prévu d’alterner des productions en langue maternelle (qui offraient aux partenaires des textes authentiques, occasion d’un travail en compréhension de l’écrit) et en langue cible (occasion d’un travail en expression écrite, pouvant être corrigé par les partenaires) En fait, c’est le travail en langue-cible qui, à l’usage, a été largement dominant.
Phases de la correspondance
Prise de contact: les groupes se sont présentés (âge, adresse, famille, hobbys, etc,) d’abord par mails en langue cible. Les parteniares se sont renvoyés des corrigés qui visaient beaucoup plus l’authenticité de la langue que sa correction (qui n’était pas négligée pour autant). L’on s’aperçoit que ce sont les propositions de reformuler de manière plus amusante, ou dans un langage de jeunes qui sont les plus motivantes.
Portaits vidéo, en langue maternelle proposant aux partenaires un travail en compréhension orale: individuels (interviews) mais aussi collectifs ( avec présentation fantaisiste du groupe, en montrant les cours dans différentes matières et l’environnment du lycée. Nous avions choisi l’envoi postal de cassettes vidéo, “à l’ancienne”, mais aujourd’hui, avec les possibilités de compression de fichiers, des mini-séquences vidéo peuvent être envoyées par mail.)
Recherche et échange croisés de documents de nature variée sur le thème du racisme, aussi bien en langue maternelle (choisis en cours de littérature) que dans la langue cible (choisis en cours de langue): chansons et poëmes, caricatures, articles de presse, extraits de romans, etc. Il a fallu imposer des choix rigoureux (longueur et qualité ) pour éviter d’inonder les partenaires d’un raz de marée de documents. L'échange a été l'occasion pour les élèves mais aussi les enseignants de découvrir des documents étonnants dans leur propre langue, parfois mieux connus à l’étranger.
Réflexion croisée, idées et suggestions sur des actions citoyennes à entreprendre dans le cadre du lycée ou en dehors.
Création individuelle de slogans (en langue cible) à partir d’un spot en langue allemande contre le racisme étudié en cours (intitulé FAIRständnis et réalisé dans le cadre d’une campagne d’information institutionnelle du Bund). Ces slogans ont été envoyés aux partenaires pour noter le meilleur spot, après avoir été notés d’abord en cours d’allemand. Comparaison des notes données aux mêmes slogans à Obernai et à Erding.
Ecriture de scénarii pour réaliser un spot contre le racisme: langue cible, textes corrigés par les partenaires.
Choix
du meilleur scénario et réalisation d’un court
métrage. Ce court métrage a été tourné
à Erding à partir du scénario écrit à
Obernai par les élèves français et sélectionné
par les allemands.
(le spot allemand qui avait été
sélectionné par les élèves français
n’a malheureusement plus pu être réalisé
pour des raisons techniques, aussi parce que les élèves
n’étaient plus disponibles en dehors de heures de
cours, en raison des épreuves anticipées du bac)
Par ailleurs, quelques messages de régulation ont été envoyés aux partenaires à l’une ou l’autre occasion pour expliquer des absences de réponses et pour relancer le processus.
L’activité
de production écrite a été particulièrement
motivante, puisqu’elle correspondait à une situation de
communication authentique avec l’étranger, dans le cadre
d’un projet, devant aboutir à une réalisation
(spot contre le racisme). Il a donc fallu respecter un rythme
soutenu:
Dans le cadre des deux heures du samedi matin, par
demi-groupes en LV2, avec l’aide de l’assistante, la
consigne était que chaque groupe envoie son message avec le
texte du jour en fichier attaché avant la fin de l’heure.
(dans ceratins cas, les textes avaient été préparés
à la maison). Travail épuisant pour l’enseignant
et l’assistante qui n’arrêtaient pas d’être
appelés à l’aide et de donner des explications
sur la meilleurs manière d’exprimer telle idée,
tel argument, tel sentiment. En même temps travail différent,
où le professeur n'est plus seulement dispensateur de savoir
mais devient une personne ressource, qui accompagne les tâches
des élèves. Ce n’est plus la même posture:
à côté d’eux plutôt que face à
eux.
Quelques principes d’organisation se dégagent, à la lumière de cette expérience:
les possibilités de trouver des classes partenaires sont nombreuses, par des sites répertoriant les établissements (www.schulweb.de pour l’allemand), par les listes de diffusion d’enseignants, par des organismes d’échange, ou des instituts culturels.
la préparation de l’échange doit être minutieuse: contenu, rythme, durée, choix de la langue de communication, objectifs linguistiques.
il ne faut pas hésiter à utiliser toutes les possibilités du multimédia: envoi de fichiers sons ou vidéo, conversations au téléphone par internet, chat, éventuellement avec webcam, ou visioconférence si c’est possible.
Il ne faut pas oublier d’informer les parents du projet, et en même temps de leur faire signer une “charte” (ainsi qu’aux élèves eux-mêmes) d’utilisation d’internet (où les élèves s’engageront par exemple à rester courtois dans leurs échanges)
Il peut être utile de garder une mémoire du projet, et motivant d’en faire une présentation à d’autres classes.
L’apprentissage
d’une langue dépend avant tout de la motivation
individuelle. Dans ce sens, la possibilité la plus riche
offerte aussi bien par les logiciels que par internet est
d’individualiser les activités, ce qui se
réflète, on l’a vu, par une structure de salle en
ateliers en non en rangées d’ordinateurs.
Dans cette
disposition, le rôle de l’enseignant n’est plus
seulement de transmettre des savoirs, mais de définir des
parcours différenciés, d’aider les élèves
à connaître leurs propres besoins, à se prendre
en charge, à s’autoévaluer.
Pendant ce type
de séance, l’enseignant devient une personne ressource,
il apporte son aide lorsque c’est nécessaire, non en
demandant de refaire une nouvelle fois les mêmes exercices, ou
en répétant une fois de plus les mêmes
explications, mais en cherchant avec l’élève
comment celui-ci pourrait apprendre autrement, en l’amenant à
observer la manière dont il apprend, dont il retient.
Ce
qui devient beaucoup plus facile avec le multimédia, c’est
de proposer à chaque élève des activités
qui non seulement correspondent à son niveau, mais surtout qui
conviennent à ses besoins, à son profil
d’apprentissage.
Les meilleurs élèves, quant à eux, pourront exploiter ces séances pour s’attaquer à des tâches plus ambitieuses (des textes plus longs ou plus difficiles à lire en autonomie, par example).
Dans cette perspective, on peut distinguer trois sortes de ressources multimédia:
Les
logiciels de langue, conçus
sur le modèle d’une méthode progressive, posent
souvent le problème d’un parcours imposé qui ne
correspond pas forcément au choix pédagogiques de
l’enseignant.
De
là l’intérêt de méthodes qui
autorisent une certaine modularité. Par exemple, la méthode
Reflex propose deux entrées, l’une assez
classique, par un sommaire qui détaille de contenu de chaque
chapitre, l’autre par “l’explorateur de cours”
qui permet de sélectionner rapidement les activités,
pour un travail ponctuel, selon plusieurs entrées:
les quatre compétences
les situations ou les thèmes
les fonctions langagières
la grammaire
la phonétique
L’apprenant peut ainsi cibler lui-même l’activité à privilégier, selon ses lacunes ou, pourquoi pas, selon ses goûts.
Les « Exerciseurs » sont des programmes permettant à l’enseignant de réaliser lui-même assez facilemement des exercices interactifs. L’apprenant peut alors travailler en autonomie, de manière interactive, avec la possibilité de s’autoévaluer. Ses résultats sont enregistrés et peuvent être consultés par l’enseignant.
Citons 2 exemples:
La suite Hot
Potatoes est un jeu de programmes qui peut être
téléchargé gratuitement (à condition de
s’enregistrer) et qui permet de créer six types
d'exercice, utilisables dans toutes les matières et à
toud les niveaux, y compris l’école élémentaire:
-
Exercice lacunaire (“closure”)
- Questionnaire à
choix multiples
- Mots
croisés
- Remise en ordre des éléments d’une
ou plusieurs phrases
-
Mise en correspondance d’éléments (par exemple
les deux parties d’une phrases, des images ou des sons et des
phrases, etc. )
- Série de réponses à des
questions posées.
Il suffit d’entrer les données - textes, questions, réponses, images - dans des cadres préétablis et les programmes créent les pages Web, qui peuvent donc être utilisées en interne, sur le réseau, ou être publiées sur Internet dans le cadre d'un site. Il existe des modes d’emploi en ligne de Hotpotatoes, fort bien conçus et en langue française
Lectra
est un logiciel d'entraînement à la
lecture, basé sur une série d’exercices générés
automatiquement. Ceux-ci sont élaborés à partir
d'un texte choisi par l'enseignant (tapé ou saisi simplement
par “copier-coller”)
Ce
logiciel, qui existe pour plusieurs langues, (utilisable aussi par
de jeunes enfants) crée jusqu'à 18 exercices
différents parmi lesquels l’élève peut
choisir.
L'objectif du logiciel est d'améliorer un certain nombre de capacités fondamentales de l'activité de lecture (l'habileté perceptive, la reconnaissance du vocabulaire, l'anticipation, la mémorisation, la lecture sélective) Il s’agit d’amener l'élève par différents exercices de reconstitution de texte à une meilleure maîtrise du vocabulaire, de l'orthographe et de la structure de la langue étudiée.
Quelques exemples:
trouver les mots manquants du texte (avec des choix possible dans la suppression: par exemple uniquement les articles et les pronoms)
reconstituer une phrase mélangée, incomplète ou sans espaces ; corriger ou remettre dans l’ordre le texte
retrouver le plus rapidement possible dans le texte le mot qui est apparu quelques secondes au bas de l'écran.
identifier parmi plusieurs autres le mot qui a le même sens qu’un mot du texte
Les activités en ligne.
Le
web recèle d’innombrables sites offrant une très
grande variété d’exercices de toutes sortes,
prêts à l’emploi.
Il faut évidemment
selectionner les meilleurs, car nos élèves ne peuvent
partir au hasard en quête d’exercices, dont la qualité
est très variable: beaucoup d’entre eux sont très
traditionnels et non contextualisés. Il s’agit donc de
se constituer, très progressivement, une banque d’adresses
où envoyer l’élève selon ses besoins.
Les difficultés liées à l’introduction des TIC dans l’enseignement des langues commencent à être levées, grâce à une maîtrise progressive de l’outil et de ses possibilités:
de plus en plus d’enseignants (même parmi les “anciens”!) ont les compétences techniques minimales requises pour utiliser le web et la messagerie électronique.
les conditions d’accès à internet et aux logiciels en classe, sans être satisfaisants partout, s’améliorent régulièrement, les équipements deviennent plus performants et moins onéreux
l’information circule de mieux en mieux quant aux sources de documents et aux idées d’exploitation pédagogique.
Mais en même temps, on a l’impression que les vraies questions apparaissent, qui touchent jusqu’à la nature de l’acte d’enseigner, et que l’on pouvait esquiver beaucoup plus facilement avant l’irruption des TIC dans les salles de classe:
Quelles sont les compétences à travailler en cours de langue, en présence de ces nouveaux supports? Peut-on simplement réduire au label “compréhension de l’écrit” une compétence complexe de “navigation hypertexte multimédia” où il ne s’agit pas seulement de comprendre un texte, mais de se repérer dans un environnement multiple de supports, graphiques et sonores, d’apprendre à sélectionner l’information, à gérer le flux continuel des données?
Quel est désormais le rôle de l’enseignant, s’il devient personne ressource plutôt que dispensateur de savoir? Il lui faut tenir compte des profils cognitifs variés, aider les élèves à devenir acteurs de leur apprentissage, en suscitant leur créativité par des projets motivants, en developpant leur aptitude à une autoévaluation, et à une réflexion sur leurs modes de travail.
Les TIC représentent une occasion unique de respecter la diversité des élèves., et d’instaurer une relation pédagogique différente. Il y a là un défi à relever.
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