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Auteurs: Sibourg, Gérard.

Titre: Pourquoi et comment utiliser l'internet à l'école ?

Source: http://membres.lycos.fr/gsibourg [23.04.2004]

La publication est faite avec l'aimable autorisation de l'auteur.



Gérard Sibourg

Pourquoi et comment utiliser l'internet à l'école ?



Partie théorique

Chapitre 1 - L'internet : présentation générale

1. Les nouvelles technologies de l'information et de la communication

Plus communément appelées NTIC, les nouvelles technologies de l'information et de la communication recouvrent l'ensemble des techniques permettant d'accéder à l'information numérisée (c'est-à-dire traduite en langage informatique), de la créer ou de la transmettre. Actuellement, les principales technologies utilisées en ce sens sont les cédéroms et l'internet.

L'information véhiculée est, quant à elle, de type multimédia. Au sens large, ce terme désigne une diversité de supports de l'information. Cependant, dans l'acceptation actuelle, il est beaucoup plus restrictif puisque, d'une part, il qualifie un même support de l'information combinant plusieurs modes d'expression de celle-ci (texte, son, vidéo, animation, image,…), et d'autre part, il fait appel à deux techniques informatiques voisines : l'hypertexte et l'hypermédia.

L'hypertexte est une technique consistant à chaîner ensemble des documents contenant du texte; cela permet à l'utilisateur de naviguer parmi des sujets variés selon un ordre qu'il est le seul à déterminer, d'où une certaine interactivité. Concrètement, un document hypertexte contient à certains endroits du texte qui apparaît sous un autre aspect que le texte environnant et qui, lorsqu'il est sélectionné à l'aide de la souris, renvoie l'utilisateur à un autre document.

L'hypermédia, bien que basé sur le même principe, désigne non plus un ensemble de liens entre des documents textuels, mais l'union de différents types de données de modes d'expression différents, telles que du texte, des images, du son et même des vidéos. Grâce aux technologies de l'hypermédia, des éléments textuels ou graphiques mis en relief permettent aux utilisateurs de se déplacer parmi des données de façon non linéaire.



2. L'internet

La pierre angulaire de l'internet réside dans la création de réseaux téléphoniques, c'est-à-dire d'ensembles d'ordinateurs reliés entre eux par câbles.

L'internet, acronyme de international network (réseau international), désigne un ensemble de réseaux informatiques reliés entre eux dont certains services sont accessibles librement. Il représente également une communauté d'utilisateurs qui dialoguent, échangent des informations ou du courrier électronique.

L'internet est souvent associé à un monde qualifié de cyberespace. Il s'agit d'une sorte de planète virtuelle où le temps et l'espace ont une toute autre dimension. "Les autoroutes de l'information, le Net, le cyberespace, l'internet, etc." : toutes ces dénominations sont utilisées pour désigner l'accès au plus grand réseau du monde. Un accès à des centaines de milliers de gigabits de données, soit l'équivalent numérisé de plusieurs milliards de pages de texte comme celle-ci, ou encore de plusieurs centaines de milliers de CD audio de 70 minutes (chiffres de 1995). Ces informations (sous forme de texte, d'images, de son, de vidéos, …) traitent de tous les sujets, ce qui constitue le point fort de l'internet; pratiquement, tout existe quelque part.



2.1. Historique

L'internet est issu du réseau ARPANET (Advanced Research Projects Agency Network), créé en 1968 par le département américain de la Défense pour relier ses centres de recherche. En 1979, des étudiants de Duke University (Caroline du Nord) prennent l'initiative de faire correspondre des ordinateurs afin d'échanger des informations scientifiques. Ce premier "inter-réseaux" s'étend alors progressivement aux universités

En 1983, le réseau ARPANET est complètement surchargé, la NSF (National Science Foundation) décide de lancer son propre réseau et d'y connecter l'Europe et le reste du monde. Plus simple d'accès et plus rapide que le réseau ARPANET, ce dernier s'étend rapidement. En 1990, ARPANET ferme définitivement ses portes, faute d'utilisateurs.

En 1991 apparaît le World Wide Web (WWW), ou "toile d'araignée mondiale", qui n'est autre qu'une interface constituant un moyen simple d'organiser l'information et la navigation sur l'internet par la mise en place de liens (hypertextes et hypermédias). Cette innovation permet d'ouvrir le réseau au grand public.

Les réseaux des fournisseurs d'accès commerciaux, ou providers, devenant de plus en plus nombreux et rentables (45.000 réseaux avec un accroissement de 1.000 réseaux par mois), la NSF décide en 1993 de cesser le financement de l'ossature centrale d'internet. L'internet est alors partout et nulle part à la fois.

L'explosion du réseau des réseaux est sans conteste fulgurante. En 1995, l'internet relie 2 millions d'ordinateurs et plus de 30 millions d'utilisateurs dans 146 pays. Actuellement, les utilisateurs de l'internet se chiffrent à près de 300 millions, soit une évolution du simple au décuple en 4 ans. Comme le montre le graphique de la page suivante, cette expansion est loin d'être terminée, et le nombre d'utilisateurs de l'internet dépassera celui des utilisateurs du téléphone. Cela constitue une nouvelle donne dans le monde des télécommunications.

Fdida, S., "Des autoroutes de l'information au cyberespace", coll. Dominos, Flammarion, 1997, p 76.





2.2. Accès

Pour se connecter à l'internet, il faut disposer d'un ordinateur bien sûr, mais également d'un modem (abréviation de modulateur - démodulateur) relié à une ligne téléphonique.  Cet appareil permet à un ordinateur de transmettre et de recevoir des données via une ligne téléphonique. En effet, l'ordinateur fonctionne avec des données numériques (signaux électriques séparés représentant des 0 et des 1), alors que la ligne téléphonique est analogique (signaux électriques à variation continue). Le modem sert à convertir les signaux digitaux en signaux analogiques et vice versa.

Il est également nécessaire de souscrire un abonnement auprès d'un fournisseur d'accès (un provider) qui est en fait un réseau (commercial, universitaire, …) faisant partie de l'internet et constitué de différents ordinateurs clients auxquels il procure une passerelle vers celui-ci. Ce fournisseur d'accès n'est autre qu'un puissant ordinateur ayant une connexion permanente et à vitesse élevée avec le réseau des télécommunications (Belgacom, France Télécom, …). Au prix de l'abonnement auprès du fournisseur d'accès, il faut ajouter le coût de la communication téléphonique (à partir du lieu d'appel jusqu'au fournisseur d'accès). A titre indicatif, le prix de l'abonnement varie de 2.000 FB à 12.000 FB et le coût de la communication s'élève à 35 FB l'heure en heures creuses et à 100 FB l'heure en heures pleines.

Deux autres possibilités d'accès à l'internet s'offrent à l'utilisateur : d'une part, devenir fournisseur d'accès et créer éventuellement son propre réseau de clients afin de rentabiliser son investissement (200.000 FB de matériel approximativement), et d'autre part, établir une connexion physique entre son ordinateur et le fournisseur d'accès par une ligne spécialisée louée. Ces deux possibilités présentent l'énorme avantage de fournir à l'utilisateur une connexion rapide, bien que très coûteuse.

L'ordinateur répondant à toutes les exigences énumérées ci-dessus doit pouvoir établir la connexion avec l'internet et accéder à ses différentes ressources. Pour ce faire, il est nécessaire que soient installés dans l'ordinateur des logiciels (ensembles de programmes assurant un traitement particulier de l'information) permettant d'établir la connexion, de naviguer sur les différents sites Web (pages reliées par des hypermédias dont est constitué le WWW ), d'envoyer ou de recevoir du courrier électronique, etc. A titre indicatif, le tableau ci-dessous reprend les principaux logiciels nécessaires à l'utilisation des ressources de l'internet.

Catégories de logiciels.

Tâches effectuées.

E-mail

Pour recevoir et envoyer instantanément du courrier électronique.

FTP.

Pour télécharger des fichiers distants

IRC.

Pour dialoguer en direct avec d'autres utilisateurs

Lecteur de news

Pour participer à des groupes de discussion.

Navigateurs WWW

Pour surfer (naviguer) sur les sites du WWW.

Telnet

Pour se connecter à distance avec un autre ordinateur.





Les différentes ressources de l'internet introduites ici vont faire l'objet d'une étude plus approfondie dans le paragraphe suivant.



2.3. Ressources

2.3.1. La messagerie électronique

De tous les services qu'offre le réseau des réseaux, la messagerie électronique (ou e-mail ) est le plus ancien et reste le plus demandé. Ce service permet à tous les internautes de la planète d'envoyer ou de recevoir des messages électroniques quasi instantanément. Le message envoyé ou reçu peut se présenter sous la forme d'un ou plusieurs médias combinés, voire même de programmes ou de fichiers informatiques relativement conséquents. Pour pouvoir bénéficier de ce système, il faut avoir accès à un logiciel de messagerie électronique (constitué d'une boîte d'envoi et d'une boîte de réception comparable à une boîte au lettre) et disposer d'une adresse électronique.

2.3.2. Les listes de diffusion et les groupes de news

Par le biais de la messagerie électronique, il est également possible d'accéder aux messageries collectives : ces services permettent aux utilisateurs de dialoguer entre "experts" sur un sujet donné. L'utilisateur peut s'abonner à un groupe de discussion, ayant ainsi d'une part l'accès aux remarques, suggestions, informations et questions des autres utilisateurs, et d'autre part la possibilité d'intervenir lui-même dans les débats.

On distingue deux types de groupes de discussion :

  1. Les listes de diffusion utilisées pour des discussions étalées dans le temps sur un sujet précis. Elles sont comparables à un magazine auquel il est possible de s'abonner. Elles fonctionnent parfois à sens unique : en effet, des organismes réalisant des publications en ligne (sur le WWW) s'en servent pour tenir leurs abonnés au courant de leurs nouvelles publications.

  2. Les groupes de news sont préférentiellement utilisés dans le cadre de discussions ponctuelles en vue de trouver, d'échanger des idées ou encore de résoudre un problème (informatique par exemple) en faisant appel à des "experts".

Du point de vue technologique, la principale différence entre ces deux types de groupes de discussion réside dans le fait que dans le cas des listes de diffusion, les messages postés sur la liste parviennent directement dans la boîte de réception des utilisateurs, tandis que dans le cas des groupes de news, ils sont hébergés sur des boîtes aux lettres communes dans lesquelles les abonnés vont lire les messages qui les intéressent.

2.3.3. L'IRC

Dans le cadre des services de l'internet axés sur la communication, l'IRC suscite l'engouement d'un grand nombre d'utilisateurs. Acronyme de l'Internet Relay Chat, ce service permet de dialoguer en temps réel soit par écrit (à l'aide du clavier) soit oralement (par l'intermédiaire d'écouteurs et d'un micro) entre internautes du monde entier disposant d'un logiciel adapté à ce type de fonction (Microsoft Chat, Netmeeting, …). L'utilisateur peut ainsi participer à une téléconférence (ou une visioconférence dans le cas où il dispose d'une caméra spéciale) avec un nombre illimité d'interlocuteurs. Cette dernière utilisation de l'internet a suscité de vives protestations de la part des organismes de télécommunication tels que Belgacom en raison des possibilités qu'elle offrait. En effet, il est maintenant possible de communiquer oralement et même visuellement avec un interlocuteur résidant à l'autre bout de la planète pour le prix d'une communication zonale.

2.3.4. Le WWW

Le World Wide Web est une interface créée par le CERN (Centre Européen de Recherche Nucléaire) en 1991. Il a pour objectif de structurer les informations disponibles sur l'internet et d'en rendre l'accès plus simple au grand public. Support par excellence de l'internet, il a permis sa fulgurante expansion. Il regroupe un ensemble de sites comparables à des livres reliés entre eux par des liens hypermédias. Ces sites sont créés et mis à jour par différents organismes (gouvernementaux, militaires, commerciaux, etc.) ou par des particuliers et proposent des informations sous forme de pages fonctionnant selon le principe de l'hypermédia. La navigation (ou surf ) parmi ceux-ci nécessite l'utilisation d'un logiciel appelé "navigateur web". En plus du simple affichage des pages d'informations, il permet la recherche d'informations via des répertoires structurés de sites ou des moteurs de recherche fonctionnant par mots clefs. En outre, un logiciel FTP (File Transfer Protocol ) peut y être couplé, permettant ainsi le transfert de fichiers tels que des programmes, des logiciels, des vidéos, des animations, … depuis un ordinateur distant dans lequel ils sont stockés jusqu'à l'ordinateur de l'utilisateur et vice versa.

2.4. Avantages de l'utilisation de l'internet

D'un point de vue technique, l'internet est une technologie de l'information et de la communication bien plus puissante que la télévision, la radio ou la presse écrite, puisqu'il est entièrement interactif. En plus d'être téléspectateur, l'utilisateur est à la fois acteur et produteur. Acteur car il choisit ce qu'il souhaite voir et a la possibilité de critiquer l'information en effectuant des recoupements (il peut également communiquer avec n'importe quel internaute de par le monde et échanger avec lui des informations). Producteur car il peut lui-même concevoir son propre site et contribuer ainsi à la construction de l'information.

Du point de vue sociologique, l'internet préfigure une société nouvelle dans laquelle l'homme deviendra plus que jamais un citoyen du monde. La possibilité de converser avec quelqu'un résidant à l'autre bout du monde permet d'établir de nouvelles formes de relations sociales, ce qui contribue certainement à une meilleure connaissance et à une diffusion plus large des cultures du monde. Les relations sociales vont certes se déplacer au travers de ce nouveau média, mais les relations établies aujourd'hui n'en seront pas pour la cause supprimées. La crainte de voir les individus se replier derrière leurs ordinateurs et de ne converser qu'au travers des réseaux ne semble pas justifiée. L'internet apporte de nouvelles possibilités de communication qui n'excluent pas pour autant les modes de communication actuels : "ce n'est pas parce que les automobiles existent que la marche à pied n'est plus appréciée". De plus, l'homme pourra se livrer, grâce cette technologie, à une multitude d'activités de la vie courante : travailler, apprendre, acheter, vendre, jouer, etc.

Dans le domaine économique, l'internet se présente comme un outil d'information de tout premier plan, offrant aux entreprises de nombreux services interactifs : marketing en direct, publicités, affiches commerciales, tarifs, documentation technique, cours boursiers, etc.



2.5. Problèmes liés à l'utilisation de l'internet

Les problèmes liés à l'utilisation de l'internet sont de deux types : techniques et sociologiques.

2.5.1. Du point de vue technique

Les problèmes techniques ont très peu d'importance comparativement à l'impact social de l'internet. Ils trouveront rapidement une solution étant donné les rapides progrès de la recherche informatique. Ils regroupent principalement les difficultés de connexion, la lenteur de la transmission des informations, les défaillances des systèmes d'exploitation, les dangers dus aux virus informatiques, … Autant de faiblesses du système qu'il serait fastidieux et inutile de développer davantage.

2.5.2. Du point de vue sociologique

A côté de ces problèmes, se pose la question des différents enjeux sociaux, politiques, économiques et culturels découlant de l'utilisation de l'internet. Quelles vont être les conséquences dans ces domaines d'un développement aussi rapide des nouvelles technologies de l'information et de la communication ?

Un premier manquement à ce niveau réside dans l'absence de filtrage des informations disponibles sur le réseau. Chacun a l'opportunité de créer son propre site et d'y dispenser des informations même erronées. Deux solutions doivent être mises en place pour palier à ce problème : d'une part, poser un regard critique vis-à-vis des informations recueillies, et d'autre part, mettre en place une structure de filtrage afin d'empêcher la publication de sites présentant des informations fausses ou contraires à toute éthique (sites pédophiles, racistes, extrémistes, …). Cependant, comment distinguer filtrage et censure ou atteinte à la liberté d'expression ? Ici se pose un problème légal difficile à résoudre. Les différents états devront tendre vers une harmonisation des règles et des responsabilités, afin de résoudre de nombreux problèmes juridiques liés tant à l'ordre public qu'à la propriété intellectuelle et au contrôle de l'information.

De plus, l'internet ne risque pas de faciliter le processus de démocratisation de l'accès au savoir. En effet, dans un même pays, les classes socio-économiques favorisées auront une plus grande facilité d'accès à l'internet que les classes socio-économiques défavorisées, et ceci ne serait-ce que du point de vue de l'achat de l'outil informatique ou de la connaissance de son utilisation. L'accès au savoir, et donc au pouvoir, ne peut être limité de la sorte, d'où la nécessité de mettre en place de nombreux points d'accès à l'internet et d'apprendre l'utilisation de l'outil informatique et de l'internet à l'école.

En ce qui concerne l'évolution probable de l'internet, certaines questions restent en suspens :

Enfin, dans certains pays du monde, l'internet pourrait apporter la voix de la démocratie. Ne pouvant censurer directement le contenu, les dictateurs soumettront certainement l'acquisition du matériel à autorisation, ce qui aura certainement une conséquence néfaste au niveau de l'économie ou de l'éducation.



2.6. Conclusion

L'internet présente sans conteste une grande richesse, tant dans les services qu'il offre que dans les différents apports et applications de ceux-ci dans de nombreux domaines. Néanmoins, son expansion incontrôlée risque de poser d'énormes problèmes qui nécessiteront la mise en place d'une structure juridique de contrôle et de répression.

Chapitre 2 - L'introduction de l'internet à l'école

1. Introduction : Le projet WIN

L'intégration des nouvelles technologies de l'information et de la communication dans les écoles est une initiative du gouvernement wallon lancée dans le cadre du projet WIN (Wallonie IntraNet ou réseau interne wallon).

Ce projet est un programme de développement des télécommunications en Wallonie élaboré en 1996. Il vise à :

Cette politique d'introduction des télécommunications en Wallonie est sous-tendue par un ensemble de considérations justifiant cette action.

Tout d'abord, l'essor de la société de l'information, un mode d'organisation de la vie économique et sociale reposant sur l'échange d'informations en temps réel, est un mouvement inéluctable dont il faut tirer parti pour ouvrir de nouvelles voies de développement de la Walonnie.

Ensuite, la libéralisation des télécommunications entraîne sa régulation par les seules lois du marché, ce qui se traduit auprès des opérateurs de réseau par un investissement prioritaire de leur part là où la demande est la plus importante. Favoriser une culture des télécommunications en Région wallone peut donc s'avérer être une clef pour disposer d'un avantage compétitif par rapport à d'autres régions : activité accrue des entreprises de haute technologie, croissance des investissements dans les réseaux, dynamisme de l'activité économique, nouvelles opportunités d'affaires pour les entreprises régionales liées au secteur de l'informatique et du multimédia, etc. La Région wallonne enregistre actuellement un retard dans le secteur des NTIC : elle risque non seulement de passer à côté de ces avantages mais, plus grave encore, elle peut subir la tendance évolutive inverse.

Enfin, compte tenu de l'importance de l'administration publique dans l'économie wallonne et de son impact sur le citoyen et sur les entreprises, le Gouvernement wallon souhaite moderniser ce secteur dans un souci de plus grande efficacité et de l'amélioration de la qualité des services rendus. Cet objectif peut être atteint par une utilisation plus efficiente des télécommunications qui faciliterait le contact entre l'administration et les citoyens par une accélération de son déroulement (publication électronique de tous les formulaires destinés aux citoyens, des textes légaux, etc.).



2. Le projet cyber-écoles

2.1. La genèse du projet

Le projet WIN est renforcé par de nombreuses actions visant directement à développer les usages des télécommunications en Wallonie et à faire émerger une véritable culture des télécommunications. Les principales actions lancées dans ce cadre sont :

C'est donc dans le cadre du projet WIN que le ministre des Télécommunications Michel Lebrun lance en novembre 1997 le projet d'implantation d'ordinateurs dans les écoles wallonnes. Le projet cyber-écoles est né. Dès lors, le premier acte officiel a été d'établir un accord de coopération de la Région wallonne avec les niveaux de pouvoir ayant l'éducation dans leurs attributions, à savoir la Communauté française et la Communauté germanophone (février 1998).

2.2. La philosophie du projet

Dans sa lettre d'accueil sur le site Web présentant le projet cyber-écoles, le ministre Lebrun reprend clairement les finalités de ce projet. Ainsi, il y déclare :

"Les nouvelles technologies de l'information et de la communication constituent un secteur d'avenir : c'est une évidence. De même, il est tout aussi évident qu'elles généreront une grande partie des emplois de demain. Il est enfin incontestable qu'il faudra être capable de les maîtriser tout comme aujourd'hui il apparaît indispensable d'être capable de téléphoner ou d'envoyer un fax. Tout cela va de soi."

"Mais comment s'intéresser, voire se passionner, pour quelque chose que l'on connaît mal ou peu ? Comment se lancer dans ces nouvelles filières si on n'a pas eu l'occasion d'expérimenter des technologies ? La réponse à ces interrogations est claire : tout commence sur les bancs de l'école !"

(…)

"J'ai donc insisté auprès de mes collègues pour mettre sur pied un plan d'équipement ambitieux qui garantisse une appropriation effective des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) par l'ensemble des jeunes wallons. L'éducation à l'usage des NTIC préparera les étudiants à la maîtrise des outils nécessaires à leur insertion dans la vie active. De plus, à travers les jeunes, ce sont l'ensemble des familles wallonnes qui seront mises en contact avec la culture des télécoms que le Gouvernement wallon développe. Grâce au programme cyber-écoles, ce sont 600.000 étudiants et plus de 80.000 professeurs qui vont accéder aux autoroutes de l'information."

A la lecture de cet extrait, on peut se rendre compte que l'accent est mis sur l'apprentissage de l'utilisation des nouvelles technologies, sans vraiment prendre en compte l'utilisation pédagogique de celles-ci. Leur apprentissage est ici considéré comme une finalité et non un outil permettant de favoriser l'apprentissage.

De plus, on peut se demander si l'introduction des NTIC dans les écoles telle qu'elle est présentée ici ne se limite pas à favoriser le projet WIN. L'extrait suivant repris du même site consacré au projet cyber-écoles ne peut que renforcer cette idée :

"Avec le WIN, la Wallonie s'est donc placée d'emblée parmi les régions les plus performantes d'Europe en termes de promotion et d'utilisation des nouvelles technologies de l'information et de la communication. L'une des dernières conditions pour garantir le succès de cet ambitieux projet était de sensibiliser les jeunes à ces technologies, véritables portes ouvertes vers le futur. En effet, l'expérience nous a montré que ce sont souvent les jeunes qui font bouger les habitudes de leurs aînés et développent des approches créatives nouvelles."

Ainsi, pour la Région wallonne, l'enjeu est clair : placer la Wallonie parmi les régions les plus avancées en matière de télécommunications et favoriser ainsi l'essor de différents secteurs économiques.

Cependant, il est vrai que l'éducation ne figure pas dans les attributions de la Région wallonne et qu'il ne faut dès lors pas s'attendre à ce qu'elle présente des objectifs pédagogiques clairs de l'introduction des NTIC à l'école. C'est pour cette raison d'ailleurs qu'elle a fait appel aux Communautés française et germanophone afin de mettre sur pied une étroite collaboration ayant pour objectif la réalisation du projet cyber-écoles.

Au travers de ce projet de collaboration, les Communautés y trouvent bien sûr leur compte : elles étaient soucieuses, depuis plusieurs années, de permettre aux jeunes de se familiariser avec les NTIC et multipliaient, pour atteindre cet objectif, les démarches auprès de l'Etat fédéral et de Belgacom (notamment pour obtenir des conditions avantageuses de connexion à l'internet pour les écoles). En effet, selon elles, l'école apparaît comme étant le lieu privilégié pour entreprendre une éducation à l'usage intelligent et imaginatif des médias. Elle permet d'accompagner les élèves au travers des autoroutes de l'information en veillant à développer chez eux l'esprit d'initiative et le sens critique. De plus, dans un souci de démocratisation, les Communautés estiment qu'il est nécessaire d'offrir un accès à l'internet à tous les élèves afin d'éviter que ce nouvel outil ne soit réservé aux seuls privilégiés qui peuvent se l'offrir à la maison.



2.3. La coopération Région-Communautés

L'accord de coopération entre Région wallonne et Communautés française et germanophone a été approuvé par les trois gouvernements concernés en février 1998, avant d'être par la suite entériné par le Conseil d'état. Il définit clairement quels vont être les rôles des parties concernées dans la réalisation du projet cyber-écoles.

Ainsi, la Région wallonne a en charge la mise en place des équipements informatiques et des télécommunications dans les écoles. Elle doit veiller à leur entretien pendant une durée de trois ans, période pendant laquelle elle en reste propriétaire à part entière. Les conditions et les modalités pratiques d'équipement des écoles sont abordées plus loin.

De leur côté, les Communautés se chargent d'organiser la bonne intégration de ces nouvelles ressources dans le contexte éducatif. Pour ce faire, elles doivent organiser la formation des enseignants1, tant au niveau technique qu'au niveau de l'exploitation pédagogique des nouvelles technologies. Elles doivent également assurer la formation d'une "personne ressource"2 dans chaque école. Celle-ci sera chargée de gérer le matériel informatique, de faciliter l'accès à ces ressources pour les collègues et d'assurer l'animation pédagogique basée sur celles-ci. De plus, elles s'engagent, via leurs sites Web pédagogiques (Profor et Restode) à mettre à la disposition des professeurs des banques d'outils pédagogiques basées sur l'utilisation des nouvelles technologies.



2.4. Plan d'équipement des écoles

Le plan d'équipement informatique des écoles primaires et secondaires s'étale sur trois ans et mobilise un budget annuel de 500 millions de francs.

Le cahier de charge réalisé par la Région wallonne pour les fournitures de l'équipement des établissements secondaires a donné naissance au concept de "centre cyber-média"3 (CCM). Deux tailles de centres ont été définies selon que l'établissement compte plus de 400 élèves (grand établissement) ou moins de 400 élèves (petit établissement). Chaque centre comprendra plusieurs salles aménagées de façon différente afin de permettre différents types d'utilisation des nouvelles technologies. Ainsi, le matériel informatique et les logiciels utilisés dans les centres ont été choisis de façon à permettre l'utilisation des ressources de l'internet et du multimédia, le traitement de l'information reçue et la production de l'information nouvelle, ainsi que l'échange avec des élèves d'autres classes ou d'autres écoles grâce aux ressources de la messagerie électronique et de la visioconférence.

Suite à un appel d'offre lancé en mai 98, le marché a été attribué à la société Priminfo en octobre L'équipement des 435 établissements secondaires de Wallonie a débuté, selon un programme clairement établi, en décembre de la même année. Ce programme comprend trois phases :

  1. la phase pilote (de décembre 1998 à janvier 1999). Cette phase a permis l'installation de 3 CCM dans des écoles sélectionnées sur base des projets d'exploitation pédagogique (voir paragraphe suivant). L'objectif de cette phase consistait à vérifier la validité de l'ensemble des choix, tant pour le matériel informatique que pour les logiciels utilisés.

  2. La phase de lancement (de février à mars 1999). Au cours de cette phase, 40 CCM ont été installés. Elle avait pour but de valider ces mêmes choix à grande échelle.

  3. La phase de déploiement (d'avril à octobre 1999). Lors de cette phase, qui est en cours, les CCM sont installés dans les 400 établissements restants.

L'équipement des établissements primaires, dont le concept est en cours de définition, devrait débuter dès le mois d'octobre 1999.



2.5. Conditions d'installation d'un CCM

Les écoles secondaires désireuses de disposer d'un centre cyber-média doivent en avoir fait la demande et répondre aux conditions décrites ci-dessous.



Chapitre 3 - Les applications pégagogiques de l'internet

Avant de discuter l'intérêt pédagogique réel de l'utilisation de l'internet à l'école, il est important de décrire les différents types d'activités qu'il est possible de réaliser grâce à ce nouvel outil. Ce chapitre aura dès lors pour objectif de réaliser une synthèse de ces différentes applications pédagogiques, sans pour autant avoir la prétention de les cerner toutes, les théories autour de ce thème étant toujours en construction.

Introduction

Les différentes applications pédagogiques de l'internet présentées ici ainsi que leur classement sont tirés d'une recherche4 menée par Pierre Séguin, professeur au Collège de Bois-de-Boulogne au Québec, subventionnée par le Ministère de l'Education, et s'intitulant : "Internet, une technologie pour l'apprentissage". L'objectif de cette recherche était de réaliser une classification des différentes activités pédagogiques faisant appel aux fonctionnalités de l'internet en vue de fournir aux professeurs une banque de données qui pourrait les guider dans la conception d'activités de ce type.

L'avantage de cette recherche réside dans la spécificité de sa méthode de classement qui diffère totalement des méthodes classiques. En effet, elle est basée sur l'activité d'apprentissage de l'étudiant et non pas sur la discipline enseignée ou les ressources de l'internet utilisées. Ces deux derniers critères conduisent respectivement à une prise en compte du contenu plus que de la structuration de l'activité d'apprentissage en termes de capacités et à une interpénétration des différentes catégories d'activités. Les catégories d'activités que constitue cette recherche sont applicables à plusieurs disciplines et font souvent appel à plusieurs ressources de l'internet.

Pierre Séguin propose 6 catégories d'applications pédagogiques de l'internet. Elles sont définies autour des activités d'apprentissage de l'étudiant et sont subdivisées en modèles d'applications pédagogiques, c'est-à-dire en types d'activités d'apprentissage structurées organisées autour ou avec le support d'une ou de plusieurs ressources de l'internet. Ces modèles se distinguent par le nombre et le statut (dans l'échelle du savoir) des partenaires (élèves, professeurs, experts) qu'ils mettent en relation, le rôle joué par l'élève et le professeur au cours de l'activité, et la place de l'élève dans la chaîne de l'information (producteur, consommateur, chercheur, …). Les modèles présentés reposent principalement sur des expériences pédagogiques menées aux Etats-Unis et ont été retenus à cause de leur impact bénéfique sur l'apprenant ou sur le groupe classe.

Les différentes catégories d'applications pédagogiques de l'internet qui vont être développées sont les suivantes :

  1. la communication interpersonnelle,

  2. la cueillette de données,

  3. les travaux d'équipe,

  4. l'utilisation des ressources,

  5. la publication sur internet;

  6. l'auto-apprentissage.

1. La communication interpersonnelle

Cette première catégorie rassemble les modèles d'applications pédagogiques qui favorisent les échanges interpersonnels entre individus ou entre groupes par le biais de la messagerie électronique (communication asynchrone ou en différée) ou de l'IRC (communication synchrone ou en direct). La communication électronique confère à la classe une tout autre dimension en abolissant les distances entre les individus. Elle ouvre de multiples perspectives d'apprentissage : les élèves se mettent à comprendre, à apprécier et à respecter les similitudes et les différences culturelles, politiques, environnementales, géographiques et linguistiques de leurs pairs habitant des régions éloignées, par des échanges réels, significatifs et stimulants.

Les modèles d'applications pédagogiques de l'internet appartenant à cette catégorie sont :



1.1. Le jumelage de correspondants

Ce modèle d'application pédagogique de l'internet se caractérise par l'échange de messages électroniques entre deux élèves pendant une période de temps déterminée et selon un mode de communication asynchrone.

Les activités construites selon ce modèle visent très souvent l'amélioration de l'expression écrite et de la structuration des idées5, tant dans le cadre de l'apprentissage de la langue maternelle que de l'apprentissage d'une langue étrangère. Cependant, de nombreux autres objectifs peuvent être poursuivis lors de la réalisation de telles activités. Ainsi, il peut s'agir :

La mise en place de telles activités exige cependant une organisation sérieuse si l'on ne veut pas voir se dissoudre l'enthousiasme des élèves et si on veut les faire écrire de façon régulière.



1.2. Les classes planétaires

Ce modèle se caractérise par l'échange d'informations entre deux ou plusieurs groupes classes pendant une période de temps déterminée selon un mode de communication synchrone ou asynchrone.

Alors que le jumelage de correspondants proposait une relation interpersonnelle, les classes planétaires inscrivent l'étudiant dans un projet collectif, souvent thématique, où il est identifié comme membre d'un groupe classe et où il est appelé à communiquer avec plusieurs étudiants d'un autre groupe classe.

Le projet dans lequel s'inscrivent les étudiants peut avoir pour objectif la confrontation de points de vues différents ou la cueillette d'informations autour d'un même thème pouvant relever de différentes disciplines.

Ce type d'application pédagogique peut également servir de point de départ ou d'aboutissement d'une recherche menée en classe.



1.3. Le Jeu de rôle par l'étudiant

Ce modèle d'application pédagogique se caractérise par l'échange de messages électroniques entre un étudiant adoptant la personnalité d'un personnage réel ou fictif et un auditoire d'un ou plusieurs étudiants selon un mode de communication synchrone ou asynchrone.

Au cours de ce type d'activité, l'étudiant communique avec d'autres étudiants auxquels il apporte des informations, des explications ou des remédiations. L'identité qu'il revêt lui permet de développer sa créativité, d'approfondir ses connaissances, ou encore d'améliorer ses savoir-faire dans une discipline.

Lors de telles activités, l'étudiant est souvent amené à adopter la fonction de tuteur. Il travaille alors seul ou avec des pairs pour apporter une aide ponctuelle à des élèves plus jeunes en difficulté d'apprentissage. Un grand nombre d'activités de ce genre ont été menées dans différentes disciplines. Ainsi, dans le cadre d'un projet lancé aux Etats-Unis, une classe d'étudiants d'option sciences a pris l'identité d'un expert en science nommé "Mr Sciences". Leur professeur a lancé un appel aux questions des élèves de classes inférieures dans le cadre très large des sciences. Les élèves ont reçu les questions, effectué une recherche et donné une réponse dans les 48 heures. Cette activité s'avère bénéfique tant pour les élèves qui reçoivent une réponse à leurs problèmes, que pour ceux qui doivent formuler cette réponse. Elle favorise le développement d'une double capacité nécessaire à leur formation scientifique, à savoir trouver l'information pertinente et la transmettre à des élèves plus jeunes.



1.4. Le jeu de rôle par le formateur

Ce modèle d'application pédagogique se caractérise par l'échange de messages électroniques entre un ou plusieurs formateurs adoptant la personnalité d'un personnage réel ou fictif et des étudiants selon un mode de communication synchrone ou asynchrone.

Cette seconde variante du jeu de rôle confère à la communication entre l'étudiant et le formateur un ton différent, original, voire même ludique. Ainsi, par exemple, l'étudiant n'entend plus parler d'Aristote, mais a la possibilité de discuter avec lui en direct ou en différé. Ceci le pousse à le faire parler en s'investissant dans cette relation imaginaire et en posant des questions pertinentes. Il n'est plus un simple receveur de l'information, mais un constructeur de son savoir.

L'initiative de Phil Abrams, professeur de sciences aux Etats-Unis, est un bon exemple de cette application. Il prend l'identité d'un expert scientifique auquel les élèves, dans le cadre de leurs travaux scolaires, peuvent faire parvenir des questions par messagerie électronique ou via l'IRC.



1.5. La rencontre virtuelle

Ce modèle d'application pédagogique se caractérise par un échange entre un ou quelques individus (experts ou célébrités) et une classe ou un groupe de classes selon un mode de communication synchrone ou asynchrone.

La rencontre virtuelle, en temps réel ou en différé, met en contact les étudiants avec des personnes-ressources que seuls les livres ou les mass media rendaient accessibles et auxquelles ils peuvent adresser leurs propres questions. Des sites commerciaux de l'internet organisent fréquemment de telles rencontres avec des vedettes de la chanson ou de l'écran. Cependant, selon les cours, l'élève a davantage intérêt à discuter avec un écrivain, un témoin d'un événement historique, un ministre, un expert scientifique, etc. L'internet permet d'organiser régulièrement et facilement de telles rencontres, et ceci dans toutes les disciplines. Néanmoins, quelles que soient la personnalité rencontrée et les dispositions pratiques de cet échange, l'événement n'acquiert son importance que dans la préparation et le suivi qu'on lui accorde.



1.6. Le tutorat et l'encadrement pédagogique

Ce modèle d'application pédagogique vise à recréer par les ressources de l'internet une relation d'aide entre l'étudiant et son professeur ou son tuteur selon un mode de communication asynchrone.

La messagerie électronique ajoute un double avantage dans la communication entre l'étudiant et son professeur :

  1. elle oblige l'étudiant à cerner davantage son problème ou sa question avant de l'adresser à son professeur,

  2. elle permet au professeur de répondre à son rythme.

Les différentes formes de tutorat (tutorat par des pairs, par des étudiants d'un autre niveau, par un tuteur autre que le professeur, etc.) sont facilement réalisables en utilisant cette ressource de l'internet6.

Dans certains cas, le recours à ce modèle d'application pédagogique est le seul moyen d'assurer un encadrement efficace des étudiants. En effet, il permet une déconnexion temporelle (l'étudiant et l'enseignant n'ayant plus besoin d'être disponibles en même temps) et une déconnexion spatiale.



2. La cueillette de données

Dans cette seconde catégorie, les fonctionnalités de communication de l'internet sont utilisées pour consulter la communauté de l'internet et recueillir des données de première main. Cela signifie que les informations sont recueillies directement auprès d'autres utilisateurs de l'internet. Cette catégorie se distingue fondamentalement de la recherche documentaire (évoquée dans le paragraphe 4) puisqu'elle implique un rapport à l'internet comme un lieu de communication plutôt que comme un lieu de stockage. Elle se distingue également de la première catégorie (bien que de nombreuses similitudes apparaissent dans le déroulement des activités) de par sa finalité. L'objectif n'est plus la communication, mais la recherche d'informations.

La cueillette de données comporte de nombreuses exigences. Pour réussir, l'élève doit définir clairement l'objet de sa recherche, trouver le bon interlocuteur, et enfin évaluer et traiter l'information recueillie. De plus, pour que l'activité soit fructueuse il faut que l'élève s'approprie l'information. C'est pourquoi il est important de prolonger cette activité par l'analyse des éléments recueillis et leur organisation dans un texte, un exposé, ou tout autre forme de production permettant de transformer l'information en connaissance.

Les modèles d'application pédagogique de l'internet regroupés dans cette catégorie sont :



2.1. L'échange d'informations

Ce modèle d'application pédagogique permet l'échange d'informations entre deux élèves selon un mode de communication synchrone ou asynchrone.

Le modèle "échange d'informations" est le prolongement direct du modèle "jumelage de correspondants" mais cette fois l'accent est mis, non plus sur la possibilité de communiquer, mais sur le contenu de cette communication, autrement dit sur les informations ou les données que doivent s'échanger les élèves. L'activité pédagogique est donc centrée sur la cueillette de données.

Les consignes à respecter doivent être très clairement expliquées aux élèves lors de la réalisation d'une activité de ce type. Il faut décrire précisément les informations à partager (sous forme d'un questionnaire par exemple), leur mode de transmission (messagerie électronique, FTP, etc.), leur présentation (texte, exposé, etc.), ainsi que leur exploitation (méthode d'analyse et de validation de l'information).



2.2. La cueillette collective de données

Ce modèle d'application pédagogique permet à plusieurs étudiants ou groupes classes de rassembler et de partager des données originales selon un mode de communication synchrone ou asynchrone.

Il s'agit ici pour les élèves de recueillir des informations inédites et de les mettre en commun. Ils sont ainsi activement impliqués dans un processus de découverte ou de validation en rassemblant des données qui leur permettent de redécouvrir une loi ou d'explorer par eux-mêmes un phénomène physique, culturel ou social, ce qui a pour effet de stimuler leur motivation.

Différents projets de grande ampleur ont été lancés dans le cadre de cette méthodologie, par exemple :

Au travers de ces exemples, on peut se rendre compte que ce modèle comporte trois éléments importants :

  1. une thématique qui est susceptible de susciter l'intérêt d'un grand nombre d'élèves et permettre leur collaboration active;

  2. une stratégie qui prévoit la cueillette individuelle ou collective de données, leur transmission, leur classement et leur partage entre tous les participants;

  3. un lieu d'échange ou de discussion pour permettre à chacun de participer à l'analyse et à l'interprétation de données.



2.3. La consultation d'experts

Ce modèle d'application pédagogique permet l'échange de messages électroniques entre l'étudiant et des experts selon un mode de communication synchrone ou asynchrone.

L'expert est ici un spécialiste qui apparaît aux yeux de l'étudiant comme une personne ressource externe qui vient confirmer ou compléter l'enseignement du professeur. Le recours aux experts peut être temporaire ou permanent selon la démarche mise en œuvre au cours (le professeur peut le proposer ou l'exiger de manière temporaire ou permanente). Cependant, dans la mesure où il est permanent, le service doit être assuré par un collectif d'experts (internes ou externes7 à l'école) qui se relaient pour répondre aux demandes des élèves.

Ce modèle d'application pédagogique ne doit pas être assimilé au "tutorat et à l'encadrement pédagogique". En effet, il ne s'agit nullement de remédier à des difficultés d'apprentissage, mais de dispenser des informations complémentaires ou de proposer des outils de référence dans lesquels les étudiants pourront approfondir certains sujets.



2.4. L'administration de sondages

Ce modèle d'application pédagogique permet à l'étudiant d'utiliser les ressources de l'internet pour administrer un sondage.

Les fonctionnalités de communication de l'internet se prêtent admirablement aux sondages d'opinions ou aux enquêtes. Il est possible de rassembler rapidement un grand nombre de réponses à un questionnaire publié sur un site Web ou envoyé via la messagerie électronique à un grand nombre d'utilisateurs de l'internet judicieusement sélectionnés. Les conditions réelles d'un sondage professionnel avec des moyens performants sont ainsi recréées.

L'apport d'une activité de ce genre peut être considérable à condition d'y appliquer une méthodologie sérieuse tant préparatoire que d'analyse des résultats, et de respecter une certaine éthique dans la manière d'administrer le sondage.



3. Les travaux d'équipe

Dans cette troisième catégorie, certaines tâches à effectuer en équipe sont proposées aux élèves qui utilisent les ressources de l'internet pour les réaliser.

Ces tâches diverses ont en commun l'importance attribuée au lien télématique qui relie les participants entre eux. En faisant disparaître les distances, l'internet permet la constitution d'équipes de travail dont les membres peuvent résider un peu partout dans le monde.

La dimension collective est une caractéristique importante de cette catégorie.  Le travail de collaboration situe l'élève dans un processus où il doit s'intégrer à une démarche, définir son rôle et compléter ce que font les autres.

En bref, les activités réalisées dans ce cadre recréent les conditions concrètes de travail de plusieurs professionnels de l'édition qui, de la rédaction à la publication, doivent collaborer à distance avec plusieurs partenaires.

Les différents modèles d'applications pédagogiques de l'internet regroupés dans cette catégorie sont :



3.1.  La course au trésor

Ce modèle d'application pédagogique propose à l'étudiant une démarche exploratoire permettant de localiser sur l'internet des éléments d'information en utilisant les différentes ressources de celui-ci.

Concrètement, les étudiants doivent trouver des informations sur base d'indices (questions, problèmes, etc.), l'objectif étant de rassembler ces informations dans le délai le plus court afin de remporter le "trésor".

La démarche exploratoire inclut le travail de déduction à partir des indices, les stratégies de recherche mises en place, les différentes ressources de l'internet mobilisées pour obtenir les informations et le travail de collaboration et de répartition des tâches dans l'équipe. L'objectif de cette démarche est d'une part, de trouver des informations ayant un intérêt dans un cours ou une démarche d'apprentissage et d'autre part, de former les nouveaux internautes à l'utilisation de l'internet en leur permettant de développer différentes stratégies de recherche.

Pour illustrer ce modèle, on peut citer l'exemple de M. Duncan et de son projet "The Science and Engineering Internet Hunt". Il présente tout d'abord aux étudiants les qualités de chercheur que doivent posséder les scientifiques et les ingénieurs (ces qualités ne limitant plus à l'utilisation des outils conventionnels, mais devant intégrer la maîtrise des nouveaux outils électroniques de recherche). Il les enjoint ensuite de répondre, en équipes, à une série de questions portant sur la science et la technologie. Ce type de course permet non seulement la découverte d'informations utiles aux étudiants mais également, par son analyse, l'apprentissage de stratégies de recherche.

En résumé, la chasse au trésor va permettre aux élèves de se familiariser avec l'internet, d'explorer les ressources spécifiques de ce réseau, et de prendre conscience des exigences du travail collaboratif.



3.2. Le défi ou concours

Ce modèle d'application pédagogique place deux groupes d'étudiants en compétition pour l'accomplissement d'une tâche selon un mode de communication synchrone ou asynchrone.

Ainsi, des professeurs peuvent mettre leurs classes en compétition en vue de la réalisation d'une production bien déterminée faisant ou non partie intégrante du programme d'études. Dans le premier cas, le but poursuivi serait d'augmenter la motivation des élèves à réaliser un apprentissage grâce à un changement de méthodologie, tandis que dans le second, il s'agirait de motiver les élèves à réaliser une tâche d'extension facultative (olympiades de sciences ou de mathématiques, concours de poésie, etc.).

Le gagnant de la compétition n'est pas toujours le plus rapide. Selon les défis, ce peut être le plus exhaustif ou celui qui démontre la meilleure compréhension ou la meilleure intégration.

Dans le cadre de certains concours, l'internet ne sert qu'à communiquer les résultats. Par contre, pour de nombreux autres organisés à grande échelle et intégrant des classes d'écoles différentes, l'utilisation de l'internet devient indispensable pour réaliser des groupes d'étudiants hétérogènes (issus de classes différentes), pour communiquer le thème de la production, les conditions de réalisations, les critères de correction, les conditions de participation, etc.

3.3. La simulation

Ce modèle d'application pédagogique recrée une situation pour permettre à l'étudiant de vivre des sensations, de prendre des décisions ou d'apprendre certains comportements selon un mode de communication synchrone ou asynchrone.

Grâce aux ressources de communication de l'internet, il est possible de mettre au point des scénarios pédagogiques par lesquels on recrée dans une ou plusieurs classes, voire même dans un ou plusieurs établissements, une simulation de la vie parlementaire, d'une mission spatiale, d'une situation historique, d'un modèle de société de l'avenir, … dans laquelle chaque élève a un rôle à jouer. Les objectifs poursuivis diffèrent totalement selon la simulation réalisée : apprentissage d'une langue étrangère, approfondissement des connaissances dans une discipline, responsabilisation de l'élève, développement de l'esprit d'initiative, etc.

Par ailleurs, des simulations logicielles (programmes de simulation interactifs) sont disponibles via l'internet et permettent aux étudiants (seuls ou en groupe) d'explorer et d'expérimenter des décors et des situations virtuelles auxquels ils n'auraient pu accéder en temps normal. Il existe par exemple une simulation de dissection de la grenouille permettant à l'élève d'effectuer toutes les opérations qu'il aurait pu réaliser au laboratoire si la possibilité lui en avait été laissée.

Sans remplacer le contact avec les objets réels, ces simulations logicielles, surtout dans les domaines scientifiques, peuvent préparer les élèves à des interventions en laboratoire.



3.4. Le jeu collectif

Ce modèle d'application pédagogique permet à l'étudiant d'accroître ses connaissances dans un environnement ludique, selon un mode de communication synchrone ou asynchrone.

Le jeu éducatif peut être un excellent outil d'apprentissage. S'il est conçu dans cette perspective, il peut motiver l'étudiant et l'engager intégralement dans une démarche d'apprentissage à la fois exigeante et passionnante. Avec l'internet, l'aspect relationnel et collaboratif de ces jeux peut s'accroître et ils peuvent se voir conférer une dimension planétaire.

Ce modèle, de la même manière que le précédent ("la simulation"), peut être divisé en deux types d'activités : dans le premier cas, l'élève apprend par le jeu en entrant en relation avec d'autres individus disséminés au quatre coins de la planète, tandis que dans le second cas, il évolue seul au travers d'un jeu éducatif.



3.5. L'engagement social

Ce modèle d'application pédagogique permet à l'étudiant de participer concrètement à une action sociale selon un mode de communication synchrone ou asynchrone.

Il n'est plus question ici de jeu ou de simulation : l'élève utilise l'internet comme un outil pour transformer une réalité sociale, pour intervenir dans un débat, pour prendre position. Ce modèle fait donc surgir un double problème éthique :

  1. il amène l'élève à faire des choix et à s'engager dans une action concrète,

  2. il oblige le professeur à respecter les engagements de ses élèves et à ne pas imposer ses propres valeurs.

Concrètement, cette activité oblige l'élève à s'informer par rapport à un problème, à prendre position et à la défendre vis-à-vis de la communauté de l'internet. Cette défense peut se présenter sous forme d'une campagne de sensibilisation par la réalisation d'un site Web ou d'une publication (texte, témoignage, dessin, etc.), ou par la participation à des échanges interpersonnels en utilisant la messagerie électronique (et les listes de diffusion ou les groupes de news) ou l'IRC.



4. L'utilisation des ressources

Dans les trois premières catégories, ce sont surtout les fonctionnalités de communication de l'internet qui sont exploitées. Cependant, même si le réseau doit d'abord être considéré comme étant une autoroute de la communication dans le secteur de l'enseignement, il ne faudrait pas éluder son caractère de vaste entrepôt de documents dont on pourrait dire qu'il contient tout ce qu'il est possible de chercher. Pour devenir un bon citoyen de l'internet, il faut savoir communiquer et il faut savoir chercher. Ces deux capacités sont complémentaires et indissociables : comment communiquer si l'on ne sait pas trouver les gens avec qui communiquer ?

Autant il ne faudrait pas voir dans l'internet une simple bibliothèque sans classification, autant il est nécessaire d'avoir des habiletés pour localiser des informations et en évaluer la pertinence. Cependant, à ce stade, l'information reste inutile si elle n'est pas sélectionnée et traitée.

C'est pourquoi il faut prévoir des activités d'apprentissage qui visent à explorer l'internet et qui se prolongent en une activité de traitement de l'information, puis de communication, de production, ou de publication.

Les deux modèles d'applications pédagogiques de l'internet qui seront abordés dans ce cadre sont :



4.1. L'exploration assistée

Ce modèle d'application pédagogique permet à un étudiant de découvrir des informations sur l'internet, propres à une discipline ou à un cours, dans un environnement contrôlé.

Le WWW consistant en une vaste toile de documents reliés les uns aux autres par des hypertextes, son exploration peut désorienter complètement l'utilisateur. En effet, le fait de passer d'un lien à un autre peut l'éloigner de son intention première, lui faire perdre le fil de sa pensée, ou perturber sa démarche. Aussi faut-il, avant de lancer l'élève dans une recherche sur le Web, veiller à développer chez lui un mode de pensée systémique ou global nécessaire à la navigation au travers d'informations organisées de manière non linéaire. Il convient donc de l'initier graduellement aux richesses et aux pièges de l'hypertexte par la mise en œuvre d'activités lui permettant d'explorer le Web tout en étant guidé dans sa recherche.

Concrètement, lors de la réalisation de telles activités, on proposera à l'élève un questionnaire à compléter à partir des informations disponibles sur un ensemble de sites présélectionnés par le professeur. L'élève peut ainsi explorer le Web, mais un Web au préalable domestiqué. Une mise en commun des informations ou la rédaction d'un rapport de recherche peut faire suite à cette exploration.



4.2. Recherche documentaire et validation des sources

Ce modèle d'application pédagogique permet à l'étudiant de pratiquer plusieurs aspects de la recherche documentaire sur l'internet8 en vue de réaliser une bibliographie sur un sujet donné.

Dans cette tâche, l'étudiant se trouvera confronté à une grande quantité de moyens techniques et à une richesse incommensurable de documents. Pour effectuer sa recherche, il devra passer par plusieurs étapes :

  1. définir précisément le sujet de sa recherche,

  2. trouver des mots-clefs résumant clairement le sujet de recherche,

  3. les utiliser dans différents moteurs de recherche7,

  4. sélectionner les résultats obtenus,

  5. évaluer la pertinence des informations présentées dans les sites (utilisation de grilles de validation de sites9).,

  6. rédiger la bibliographie en respectant les règles d'usage dans la citation de documents électroniques.

A la fin de l'activité, une mise en commun des stratégies de recherche mises en place par les élèves, ainsi qu'une discussion sur les critères de validation des sites utilisés peut s'avérer enrichissante.

Chacune des étapes de ce processus peut faire l'objet d'un ou plusieurs exercices avant de lancer l'élève dans la réalisation complète de l'activité. De plus, selon le public visé, le professeur peut guider plus ou moins précisément l'élève dans le choix des moteurs de recherche ou en limitant l'accès à des moteurs présélectionnés.

En ce qui concerne les outils de recherche du WWW, on aurait tort de les limiter aux seuls moteurs de recherche, bien qu'ils soient les plus performants et les plus complexes à utiliser (d'où la nécessité d'entraîner les élèves à les utiliser si on veut les rendre compétents dans le domaine de la recherche documentaire). Il existe, en effet, d'autres outils performants tels que les répertoires de sites structurés par thème9, les catalogues de bibliothèques ou la communication avec des experts et des utilisateurs de messageries collectives.

Ce modèle d'application pédagogique sera davantage explicité dans la partie pratique.



5. La publication sur l'internet

Cette catégorie d'applications pédagogiques de l'internet regroupe des modèles dans lesquels les étudiants dépassent les rôles de consommateur ou d'utilisateur des ressources de communication de l'internet pour devenir producteurs et donc participer à sa construction. Ils deviennent dès lors, par cette étape ultime, de véritables citoyens de l'internet.

La publication sur l'internet ne se résume pas à la participation à une liste de diffusion où à l'échange de courrier électronique, ce qui est en soi une activité éphémère, mais exige la réalisation d'une œuvre concrète et durable sous la forme d'un site Web. La publication sur l'internet est le prolongement logique de la communication sur l'internet.

Cependant, il est évident que la réalisation d'une page Web implique une bonne maîtrise de l'ordinateur et des logiciels spécifiques à la réalisation d'un site. Un encadrement des élèves s'avérera donc parfois nécessaire (ce qui n'exclut pas la mise en place d'un tel projet10).

Les modèles d'applications pédagogiques de l'internet appartenant à cette catégorie sont :



5.1. Publier sa page personnelle

Ce modèle d'application pédagogique amène l'étudiant à s'identifier sur l'internet et à définir progressivement son plan d'apprentissage.

L'étudiant réalise sa carte de visite personnelle de manière à promouvoir les échanges et à susciter la communication, l'objectif étant de s'y présenter soi-même et d'y définir progressivement son plan de recherche et d'apprentissage.

Dans la première partie de la carte de visite, l'élève se présente, décrit ses intérêts, ses attentes et ses objectifs. Dans la deuxième partie, il expose ses projets, ses champs d'intérêt au plan intellectuel, ses réalisations et ses travaux. Il peut également y ajouter un curriculum vitae maintenu à jour, créant de par là même un lien avec le milieu du travail.

La réalisation d'une telle activité mobilise chez l'élève des capacités de structuration, de rédaction et de présentation, et contribue fortement à sa valorisation personnelle.

Ce modèle peut également être adapté en vue de réaliser la carte de visite d'une classe, d'une école ou d'une organisation.



5.2. Collaborer à un site

Ce modèle d'application pédagogique amène l'étudiant à participer sur une base régulière à la réalisation d'un site Web.

Encore une fois, ce modèle d'application pédagogique tend à développer chez l'élève des capacités rédactionnelles et graphiques, dans le cadre des exigences de l'outil informatique. Il peut également amener l'élève à effectuer d'autres démarches telles que la recherche, le traitement, la structuration et la synthèse de l'information.

Il s'agira donc, pour un groupe d'élèves, de réaliser un site Web sur un thème bien précis et de le mettre régulièrement à jour.

A titre d'exemple, on peut citer le site réalisé par une quinzaine d'étudiants de l'école secondaire "Le Sommet de Charlesbourg". Il fut créé dans le cadre d'une exposition sur les drogues avec pour objectif la description de celle-ci et la présentation d'informations diverses sur son thème. Le site offre une collection d'informations régulièrement mises à jour et une publication mensuelle décrivant les résultats des recherches et des enquêtes des élèves. De plus, ce site permet de confronter les élèves du groupe à une double réalité : celle de la drogue et celle de la cueillette et du traitement de l'information.



5.3. Collaborer à un périodique

Ce modèle d'application pédagogique amène l'étudiant à participer sur une base régulière à la publication d'un périodique sur l'internet.

Ce dernier modèle s'apparente à "la collaboration à un site Web", mais s'en distingue par sa dimension journalistique et les exigences de celle-ci :



6. L'auto-apprentissage

Par la mise en place des différentes activités décrites jusqu'ici, le professeur peut amener l'élève à tirer un profit maximum des ressources de l'internet en les exploitant et les enrichissant. D'où cette dernière catégorie, l'auto-apprentissage, où l'étudiant peut accéder à toutes les ressources de l'internet et les activités d'apprentissage énumérées, mais dans un processus axé sur le développement de son autonomie intellectuelle.

C'est l'étape ultime dans laquelle l'étudiant devient citoyen de l'internet à part entière en étant capable de choisir l'information, d'utiliser les ressources de l'internet pour son apprentissage, et de publier ses propres documents.



Chapitre 4 - Les enjeux de l'internet dans l'enseignement

Les trois premiers chapitres ont permis de faire le tour de la question de l'introduction et des utilisations possibles de l'internet à l'école. Il faut maintenant aborder l'épineuse question des enjeux de l'internet dans l'enseignement. Ces enjeux seront étudiés dans le présent chapitre à la lumière de trois questions fondamentales :

Ce chapitre ne prétend pas apporter une réponse absolue à ces questions, mais tient à présenter les points de vues de différents auteurs et ainsi à susciter une réflexion objective sur ces sujets.

1. L'introduction et l'utilisation de l'internet à l'école

Pourquoi introduire et utiliser l'internet à l'école ?

Pour répondre à cette première question, il convient de considérer tout d'abord les enjeux politiques, culturels et sociaux rentrant en ligne de compte dans cette polémique. Ce point fera l'objet de l'étude de la première partie de ce chapitre.

Ensuite, il s'agira de mieux comprendre les objectifs pédagogiques qui se cachent derrière l'introduction des NTIC à l'école. C'est ce que se propose d'exposer la seconde partie de ce chapitre.

1.1. Enjeux politiques, culturels et sociaux

1.1.1. Un souci de démocratisation

Le premier enjeu de l'introduction de l'internet à l'école est politique. En effet, selon le principe de l'égalité des chances, un des fondements de l'école actuelle, celle-ci a le devoir de fournir à tous les élèves l'accès aux NTIC et plus particulièrement à l'internet. L'accès à l'internet pour tous serait donc un moyen de correction de certaines disparités sociales.

Ce point de vue, largement partagé par de nombreux auteurs, est l'une des raisons pour lesquelles la Communauté française a tant insisté pour que l'internet soit introduit à l'école.

1.1.2. Le rôle d'intégration culturelle de l'école

Alors que l'enjeu de démocratisation de l'accès à l'internet fait l'unanimité, celui selon lequel l'introduction de l'internet à l'école doit permettre à celle-ci de remplir son devoir d'intégration culturelle est beaucoup plus controversé.

D'un côté, Charles Duchâteau, professeur aux Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur, soutient (devant l'avènement inéluctable d'une société de l'information et de la communication largement basée sur l'internet11) qu'il faut "permettre à l'école, en rénovant son organisation et sa structure, de s'ouvrir sur le monde et de donner aux élèves les compétences indispensables pour vivre, en personne créatives et responsables, au sein de ce monde. C'est en tout cas un monde truffé d'ordinateurs et de réseaux télématiques : l'école et, surtout ceux qui en définissent les missions et les finalités, peuvent-ils longtemps encore feindre de l'ignorer ?"

D'un autre côté, certains auteurs, partisans d'une école plus traditionaliste, crient à la perversion des missions de l'école chargée, selon eux, "de former des personnes libres et autonomes, capables de porter un regard critique sur la société, et non de les adapter à la société en les rendant dociles et bien intégrées à un ordre social dicté par des raisons économiques". Ces mêmes raisons sont pour eux celles qui conduisent à l'avènement d'une société de l'information.

Sans vouloir détruire ce dernier point de vue, il faut néanmoins reconnaître que l'internet et le multimédia font d'ores et déjà partie de notre culture. Leur omniprésence ne se marque pas qu'au niveau professionnel et donc économique : elles transfigurent les média d'aujourd'hui (télévision, téléphone, fax, etc) pour mieux envahir les foyers et le milieu des loisirs. Devant cet état de fait, critiquable sans doute, l'école n'a-t-elle pas le devoir d'introduire les élèves à la culture de leur époque ? Plus encore, l'école ne remplit-elle pas pleinement sa mission lorsqu'elle prépare les élèves à saisir les occasions d'enrichissement culturel et social offertes par ces technologies, tout en les armant contre les risques qu'elles comportent ? C'est dans cette optique que s'inscrit la Communauté française en déclarant qu'elle est soucieuse "de permettre aux jeunes de s'approprier et de se familiariser avec les nouvelles technologies de l'information et de la communication", et en ajoutant que "l'école apparaît comme le lieu privilégié pour entreprendre cette éducation aux nouveaux média". Former les jeunes à la citoyenneté responsable, tel que défini dans le décret "Missions", passe également par une éducation aux médias et aux dangers des NTIC.



1.1.3. L'internet et l'isolement social

Une des objections fréquemment soulevée par rapport à l'introduction de l'internet dans les écoles est celle d'un risque de renforcement de l'isolement social des élèves. Ceux-ci, retranchés derrière leur ordinateur, ne feraient plus l'apprentissage de la vie sociale et du travail collaboratif, un des aspects fondamentaux de l'enseignement.

Cependant, bien qu'il soit clair que l'utilisation de l'internet dans une pédagogie individualiste ne peut rendre les élèves que plus individualistes, il faut émettre quelques remarques par rapport à cette position :

Enfin, comme le souligne S. Fdida, l'internet apporte de nouvelles possibilités de communication qui n'excluent pas pour autant les modes de communication actuels. Les relations entre individus ne s'en trouvent, au pire, que décentralisées.



1.2. Objectifs pédagogiques

1.2.1. Un enseignement finalisé en termes de nouvelles technologies?

Selon Charles Duchâteau, il est indispensable de réaliser au sein des différentes disciplines des activités qui intègrent dans leur déroulement l'utilisation des NTIC. L'objectif visé par la mise en place de telles activités est de développer chez les élèves des savoirs et des savoir-faire dans la discipline envisagée et en matière de nouvelles technologies. Ainsi, selon lui, "être compétent dans l'utilisation des ordinateurs et des nouvelles technologies" est une capacité incontournable qu'il convient de développer chez les élèves afin de les préparer à une insertion harmonieuse dans la vie sociale. A ce propos, en plus de dépeindre une société envahie à tous niveaux par les NTIC, il cite un rapport de l'UNESCO montrant que, en l'an 2000, 36 % seulement de tous les travailleurs pourront se permettre de n'avoir aucune qualification dans l'usage des NTIC alors qu'ils étaient 95 % en 1970.

Bien qu'il insiste sur la nécessité de réaliser des activités faisant appel aux NTIC dans le cadre de différentes disciplines, le point de vue de Charles Duchâteau pose problème. Il met en effet sur le même pied d'égalité l'éducation aux nouvelles technologies et l'enseignement des différentes disciplines. Pire encore : la dérive consistant à considérer les NTIC comme supports de l'éducation n'est pas loin. Cela reviendrait à nier l'utilité des compétences développées au sein des différentes disciplines comme étant nécessaires à l'épanouissement intellectuel de l'élève, mais plutôt à les considérer comme des outils intéressants pour se mouvoir dans un monde gouverné par les ordinateurs et les réseaux.

Face à ces considérations, il est légitime de se poser la question suivante : "l'internet, une finalité d'apprentissage ou un outil au service de l'enseignement ?" La réponse idéale étant sans doute : "l'internet, un outil au service de l'enseignement qui, utilisé au sein de différentes disciplines, permet aux élèves de se l'approprier en vue de mieux l'affronter et l'utiliser dans leur vie future". Cette position, relativement centriste, est celle prise par la Communauté française, mais est également la plus logique. Effectivement, comment pourrait-on utiliser les NTIC à l'école sans en apprendre les bases de fonctionnement aux élèves et les risques inhérents à leur utilisation ? Qu'on le veuille ou non, l'utilisation des NTIC conduit à leur apprentissage par les élèves. N'est-ce pas une bonne chose d'ailleurs devant leur impact sur la société actuelle ?



1.2.2. Un renouveau pédagogique grâce aux nouvelles technologies?

Selon S. Pouts-Lajus et Co, l'introduction de l'internet à l'école reflète également "une volonté souvent implicite d'utiliser les technologies comme levier pour rénover les pratiques pédagogiques". A cela, il ajoute que "les technologies de l'information et de la communication peuvent très certainement jouer un rôle important, à condition qu'elles ne soient pas confondues à la rénovation elle-même. Elles sont neutres vis-à-vis du projet pédagogique et peuvent être la cause de grands progrès aussi bien que de grandes régressions".

Cette nécessité de voir se développer une pédagogie plus centrée sur l'apprenant ne va pas apparaître du simple fait de l'introduction de l'internet à l'école. S'il est vrai que les NTIC sont un moyen puissant pour faire évoluer la pédagogie, comme le souligne le directeur d'un lycée français qui les a expérimentées durant 2 ans, il n'en reste pas moins que la condition de cette réussite repose sur leur introduction dans des environnements pédagogiques innovants. Il importe avant tout de les insérer au sein de projets concrets d'utilisation, "et non de réaliser un simple plaquage de ces outils sur une pédagogie ancienne", comme le souligne Gérard Urtenaehrer, directeur de la recherche à l'école des Mines d'Alès.

Dans la même optique, Marcel Lebrun, professeur de technologies nouvelles à l'UCL, souligne que l'on connaît relativement bien les méthodes pédagogiques conduisant à un apprentissage de qualité et qu'il n'est nul besoin d'outils révolutionnaires pour les mettre en place. Il insiste donc sur la nécessité, avant de penser à l'outil, de penser aux objectifs et aux méthodes pédagogiques à mettre en place. Et alors seulement, soutient-il, "ces environnements pédagogiques innovants (par rapport à nos pratiques actuelles) mais pas nouveaux, plus centrés sur la personne qui apprend, plus conformes à ce que nous savons de l'apprentissage, ces dispositifs dont nous rêvons depuis si longtemps trouveront alors des appuis et des développements précieux grâce aux potentiels des outils technologiques".

2. Les implications pédagogiques

Comme cela a été souligné au paragraphe précédent, une intégration réussie des NTIC ne peut se faire qu'au travers de conditions pédagogiques adéquates. Ce sont ces conditions qui vont être traitées dans ce paragraphe au travers de la question : "quelles sont les implications pédagogiques inhérentes à l'introduction de l'internet à l'école ?"



2.1. Travailler sur base de capacités

Si l'on n'y prend garde, les utilisations de l'internet se tournent aisément vers des formes traditionnelles d'enseignement basées avant tout sur des savoirs. Ainsi, la recherche d'informations sur le WWW, même si elle présente de nombreux avantages concernant la qualité des documents qu'il est possible d'y trouver, n'en reste-t-elle pas moins centrée sur le contenu de l'apprentissage.

Or, d'après Marcel Lebrun, "les recherches autour des nouvelles technologies ont largement montré que les apports les plus significatifs n'étaient pas à rechercher dans l'accroissement des connaissances ou dans une meilleure compréhension des concepts (…) mais se rencontraient en dehors de la sphère des savoirs, là où se développent les compétences, les attitudes et les comportements".

Il importe donc avant tout d'utiliser l'internet dans des activités centrées sur le développement de capacités (savoir-faire et savoir-être) chez l'élève, et non de s'en servir comme d'une simple bibliothèque. Les modèles d'application pédagogique de l'internet présentés au chapitre 3 font d'ailleurs plus référence à ce type d'utilisation.



2.2. Mettre en place des projets

J. Tardif convient que la mise en place d'un environnement pédagogique basé sur le développement de capacités lors d'activités intégrant l'utilisation de l'internet est nécessaire, mais il insiste également sur le fait que les élèves doivent être mis en projet, en recherche. Autrement dit, leurs démarches doivent être dirigées par un problème complexe, par une étude de cas particuliers ou encore par une question ouverte.

Cette approche, bien qu'elle ne soit pas propre à l'utilisation de l'internet, présente le double avantage de donner du sens à l'apprentissage de l'élève et de mobiliser chez lui un grand nombre de capacités.



2.3. Intégrer l'interdisciplinarité

La mise en place de projets intégrant l'utilisation de l'internet risque d'amener la nécessité d'un recours à l'interdisciplinarité. M. Aubé souligne à cet égard que "un découpage serré en fonction d'objectifs étalés de façon linéaire ne pourra conserver une grande crédibilité devant les nouveaux scénarios rendus possibles par les nouvelles technologies de l'information et de la communication". Pour s'en convaincre, il suffit de relever les différentes capacités à caractère transversal mobilisées dans les modèles d'applications pédagogiques de l'internet recensés par P. Seguin (cfr. chapitre 3).

L'utilisation de l'internet pourrait donc très bien favoriser la disparition des frontières entre les disciplines, rendant ainsi l'enseignement plus conforme à la réalité d'une société dans laquelle les questions et les problèmes auxquels sont confrontés les individus sont bien souvent à caractère multidisciplinaire. De plus, comme l'expose J. Tardif, "non seulement les nouvelles technologies de l'information et de la communication offrent des possibilités énormes de franchir les barrières disciplinaires, mais les regards multiples qu'elles permettent de porter sur différents phénomènes ou divers événements sont fondamentalement multidisciplinaires".



2.4. Accompagner l'élève

Certaines caractéristiques propres à l'internet, si elles ne sont prises en compte, peuvent engendrer bien des désappointements chez l'élève. Il importe donc, pour le professeur, de les connaître et de mettre en place des conditions pédagogiques d'accompagnement de l'élève dans les tâches à réaliser.



2.4.1. Développer la pensée systémique des élèves

Au sein de l'internet, dans le WWW plus précisément, les informations ne sont pas organisées de manière linéaire, mais sont structurées autour de liens hypertextuels entre les mots. D'après S. Pouts-Lajus, ce mode de fonctionnement présente l'avantage d'être similaire à l'activité mentale des individus en permettant de passer d'une idée ou d'un concept à un autre à la manière de l'association d'idée. Cependant, dans ce cadre, le risque de perdre de vue l'objectif de sa recherche ou de ne plus savoir d'où l'on vient n'est pas négligeable. Pour l'élève, une telle approche est d'autant plus difficile qu'elle nécessite une pensée globale, systémique, à laquelle il n'est pas nécessairement familiarisé.

Le professeur devra donc veiller à développer ce mode de pensée chez ses élèves et à définir clairement le cadre de la recherche afin d'éviter qu'ils ne se perdent sur les autoroutes de l'information.



2.4.2. Aider les élèves à structurer les informations

Le fait de consulter de nombreuses sources d'informations, même lorsque les intentions d'apprentissage sont clairement précisées, peut provoquer ce qu'il convient d'appeler une "noyade cognitive" chez les élèves. Devant la quantité d'informations, il peut en effet leur être difficile d'identifier celles qui sont le plus à même de rentrer dans le cadre du projet fixé. Aussi est-il nécessaire qu'il y ait des moments où l'enseignant aide les élèves à organiser les informations recueillies afin de les transformer en connaissances De plus, il doit veiller à leur fournir des modèles de structuration et d'organisation des connaissances.

2.4.3. Développer la littératie de l'internet chez les élèves

Par la littératie de l'internet, J. Tardif fait référence à l'ensemble des capacités que les élèves doivent maîtriser pour entrer seuls en interaction avec l'internet. Il ne s'agit pas tant de développer chez eux les capacités à maîtriser les nouveaux outils d'un point de vue technique que de veiller à ce qu'ils acquièrent un sens critique face aux informations proposées par l'internet. L'internet représente en effet un accès à une quantité impressionnante de sources d'informations différentes (cfr. chapitre 3) qui ne sont pas toujours fiables, d'où la nécessité de former les élèves à les distinguer les unes des autres. De plus, l'enseignant doit veiller à fournir à l'élève des modèles de consultation critique et de détermination de la valeur des informations.

Ce point fera l'objet d'une approche plus concrète dans la partie pratique.

3. Les apports de l'internet dans l'apprentissage

L'utilisation de l'internet à l'école est-elle d'un apport concret dans l'apprentissage des élèves ? Pour répondre à cette question, ce paragraphe se propose de faire le tour des principaux apports de l'internet mis en évidence par différents auteurs.

3.1. Un outil pour le professeur

L'apprentissage des élèves passe par le cours préparé par le professeur. C'est pour cette raison qu'il paraît important de présenter en quoi l'internet peut être considéré comme un outil intéressant pour le professeur dans la préparation, mais également dans l'illustration de ses cours.

3.1.1. Les sites du WWW

Les sites du WWW offrent au professeur bon nombre d'informations générales ou spécialisées sur la discipline qu'il enseigne ou sur les différentes pédagogies. Les deux sites pédagogiques de la Communauté française12 (Profor et Restode) sont également d'un grand intérêt puisqu'ils proposent un ensemble de documents à télécharger (cours, épreuves d'évaluation, données propres aux disciplines, rapports de recherche, etc.), une liste de sites sélectionnés en raison de leur intérêt pédagogique, et des informations concernant les formations continuées des professeurs.

Dans les cours de sciences, certains sites peuvent s'avérer utiles pour illustrer le cours car ils présentent des images, des informations scientifiques de pointe, ou encore des simulations d'expériences irréalisables en classe.

3.1.2. La messagerie électronique

La messagerie électronique et les services qui y sont associés offrent au professeur de nombreuses possibilités d'échanger des réflexions et des informations ou de collaborer avec des collègues dispersés aux quatre coins de la planète. Il lui est également possible de participer à des groupes de travail spécialisés par discipline ou de rechercher des collaborateurs pour mener à bien un projet en utilisant les services de messagerie collective.

Pour les professeurs de sciences, mais également pour ceux d'autres disciplines, les listes de diffusion13 peuvent être d'un grand intérêt. Fonctionnant à la manière d'un magazine, elles permettent en effet de recevoir le sommaire, voire même les articles entiers, de différents organismes de presse dont les publications se trouvent intégralement sur le WWW, et ceci tout à fait gratuitement.

3.2. Les apports pour l'élève

Les principaux apports de l'utilisation de l'internet à l'école, dans des conditions pédagogiques idéales (cfr. paragraphe 2 du présent chapitre), ont étés mis en évidence par des recherches et expérimentations menées principalement aux Etats-Unis et au Québec. Cependant, l'introduction des NTIC dans l'enseignement étant relativement récente, seuls des grands axes ont pu être dégagés jusqu'à présent. Ce paragraphe se propose d'exposer les apports les plus significatifs en terme d'apprentissage qu'ont pu déceler quelques-unes de ces recherches.



3.2.1. La motivation

D'après une recherche menée au Québec par Robert Bracewell et Co, il apparaît que dans les projets menés avec les élèves autour de l'internet "l'intérêt spontané pour une activité d'apprentissage manifesté par la plupart des élèves est plus grand que pour une activité d'apprentissage qui fait appel aux approches coutumières". L'équipe de chercheurs souligne également que "le temps et l'attention consacrés à ces activités d'apprentissage sont plus élevés, et la concentration plus soutenue".

Sans vouloir remettre en cause les résultats de cette recherche, il faut néanmoins s'interroger sur la permanence de la motivation des élèves dans de telles activités : leur intérêt naît-il du fait que l'utilisation de l'ordinateur leur rappelle celui de leurs jeux électroniques ? Dans l'affirmative, le risque est présent de voir leur motivation s'estomper au fil du temps à la manière dont on se lasse d'une mode.

D'un autre côté, la motivation des élèves peut venir non pas de l'utilisation de l'internet, mais des projets qu'il rend possible de mettre sur pied. Ainsi, dans de nombreux modèles d'applications pédagogiques présentés dans le chapitre 3, l'intérêt des élèves pour une activité peut provenir du rôle important qui leur est attribué (tutorat et encadrement pédagogique), de la signification concrète de l'activité (engagement social), ou encore de la communication avec d'autres élèves (jumelage de correspondants).

3.2.2. L'expression écrite et la structuration des idées

Si l'on s'en réfère à une étude menée aux Etats-Unis par M. Cohen et M. Riel, il apparaît que lorsque les élèves sont amenés à communiquer avec des pairs au travers de la messagerie électronique :

Pour arriver à de tels résultats, il faut bien sûr que l'activité soit répétée fréquemment et organisée autour d'objectifs clairement définis.

Les conclusions de cette recherche peuvent sembler présomptueux au premier abord. Cependant, une autre recherche, menée aux Etats-Unis par le Centre des Technologies Spéciales Appliquées (CAST), arrive à des résultats similaires. La recherche démontre également une amélioration de la structuration des idées, de l'esprit critique et de l'esprit de synthèse lorsque les élèves sont placés dans des projets intégrant l'utilisation de l'internet.



3.2.3. Le travail collaboratif et les relations sociales

Contrairement aux idées reçues selon lesquelles l'internet serait un instrument conduisant à l'isolement social des élèves et allant ainsi à l'encontre du rôle de socialisation de l'école, plusieurs recherches semblent prouver le contraire. Encore une fois, cependant, il convient de rester circonspect et de considérer que de tels résultats ne peuvent être obtenus que dans des conditions pédagogiques adéquates.

Ainsi, une étude constructiviste menée par D. Dwyer démontre que "l'intégration des nouvelles technologies de l'information et de la communication dans des activités d'apprentissage axées sur la construction de connaissances encourage les interactions dynamiques entre les élèves eux-mêmes et entre les élèves et l'enseignant". L'étude insiste également sur le fait que les interactions entre enseignants s'en trouvent favorisées et se concrétisent dans la mise en place d'activités interdisciplinaires.

D'un autre côté, selon S. Pouts-Lajus, "la communication via l'internet entre les élèves et les classes d'horizons différents développe la maîtrise de la langue écrite, le goût pour la coopération, la capacité à structurer l'information échangée". Cette constatation va également dans le sens de ce qui a été exposé au paragraphe précédent.



3.2.4. Les apprentissages spécifiques aux sciences

La mise en place de certaines activités autour de l'internet peuvent contribuer au développement chez l'élève de certaines capacités régulièrement mobilisées dans les cours de sciences.

Ainsi, dans les modèles d'application pédagogique de l'internet donnant un rôle de tuteur à l'élève (cfr. chapitre 3 : jeu de rôle par l'étudiant, tutorat et encadrement pédagogique), celui-ci est amené à trouver des informations pertinentes afin d'approfondir ses connaissances et à les transmettre à des élèves plus jeunes, une double capacité importante qui complète une formation scientifique.

Plus généralement, R. Bracewell et Co insiste sur le fait que l'intervention de l'internet dans les activités d'apprentissage contribue au "développement de diverses habiletés intellectuelles telles que la capacité de raisonner, de résoudre des problèmes, et de créer". Il constate également "le développement chez les élèves d'un esprit de recherche d'une information plus complète sur un sujet, d'une solution plus satisfaisante à un problème, et d'un plus grand nombre de relations entre les connaissances".

De plus, il montre que de telles activités mènent à une meilleure maîtrise des apprentissages, principalement dans les cours de sciences où des possibilités de simulation, de manipulation virtuelle, ou de représentations multimédias sont offertes par l'internet.

Enfin, d'un point de vue technique, des similitudes apparaissent entre la démarche scientifique et la démarche mise en œuvre par l'élève pour s'approprier le fonctionnement des différents logiciels de base de l'internet. Aussi, laisser l'élève apprendre en autodidacte le fonctionnement de l'internet peut-il s'avérer efficace pour le développement de la capacité de celui-ci à étudier un instrument, mais également un phénomène, par la démarche "d'essais-erreurs".



Partie pratique

Introduction

La partie pratique de ce travail a été expérimentée à l'institut Saint François Xavier à Verviers en collaboration avec M. J. Camps, sous-directeur, Mme S. Dessart et M. E. Laurent, professeurs de sciences. Le public choisi est une classe hétérogène de 1ère année ayant 2 heures par semaine d'option "travaux scientifiques et expérimentaux".

1. Objectifs

La finalité de cette partie pratique réside dans la conception et l'expérimentation d'une séquence de leçons à l'usage les professeurs de sciences (mais également d'autres disciplines) permettant de familiariser les élèves à l'utilisation de l'internet et de favoriser la mise en place de l'une des conditions pédagogiques nécessaires à la bonne intégration de celui-ci (cfr. chapitre 4).

Ce paragraphe se propose d'exposer plus spécifiquement les objectifs visés par cette activité.



1.1. Familiariser les élèves à l'utilisation de l'internet

Exploiter pleinement les potentialités de l'internet au travers de projets sous-tend tout d'abord d'être capable d'en utiliser les principales fonctionnalités et d'en connaître les différentes ressources. Ces capacités doivent être exercées au sein d'activités consistant en des applications pédagogiques simples de l'internet.

Du point de vue technique, les objectifs de cette leçon sont d'apprendre aux élèves :



1.2. Mettre en place des conditions pédagogiques d'accompagnement de l'élève

Une des conditions pédagogiques les plus importantes à la bonne intégration de l'internet dans des activités d'apprentissage (cfr. chapitre 4) est de veiller à accompagner l'élève et à développer chez lui des capacités nécessaires pour faire face aux dangers caractéristiques de l'internet.

Parmi celles-ci, la présente séquence de leçons met l'accent sur le développement de l'esprit critique de l'élève. Il est en effet indispensable d'apprendre à l'élève à poser un regard critique face au grand nombre d'informations auxquelles il est confronté. Cela implique que l'élève ait la capacité de vérifier les informations par recoupements et de faire la distinction entre des conclusions scientifiques, des jugements de valeurs, ou des opinions. Il faut également veiller à lui fournir des modèles de consultation critique et de détermination de la valeur des documents.



2. Conditions de réalisation

Pour réaliser cette leçon, il faut tout d'abord disposer de locaux spécialement équipés : d'une part, un local multimédia permettant la projection sur grand écran et d'autre part, une salle comprenant autant de postes de travail reliés à l'internet qu'il n'y a d'élèves dans la classe (des aménagements sont possibles au niveau de l'activité dans le cas il y aurait un manque à ce niveau). Ces locaux doivent être disponibles à raison de 2 heures de cours pour le premier et une heure pour le second.

La seconde condition de réalisation se rapporte aux connaissances techniques des élèves : il est nécessaire qu'ils reçoivent une formation de 3 ou 4 heures concernant le fonctionnement du navigateur Web et qu'ils aient le loisir de l'expérimenter par eux-mêmes avant de se lancer dans cette activité.



3. Description de la séquence de leçons

Il s'agit pour les élèves d'effectuer une recherche documentaire via l'internet sur le thème des phasmes après les avoir observés en classe, en vue d'en réaliser une fiche descriptive et d'élevage.

Le choix des phasmes comme thème de la recherche se justifie pour deux raisons :

  1. il rentre relativement bien dans le cadre du programme du cours, de même que l'activité en elle-même;

  2. il permet de partir d'un support concret, ce qui a entre autres pour effet de susciter l'intérêt des élèves.

La séquence de leçons est divisée en différentes phases pour chacune desquelles sont mentionnés le déroulement et les apports pédagogiques.

Le tableau de la page suivante reprend le plan de déroulement dans le temps de la séquence, ainsi que les locaux nécessaires à la réalisation de chacune des phases.



Phase

Durée

Local

1

1 heure


Salle multimédia

2

3

4

1 heure

Salle informatique

5

1 heure

Salle multimédia

6

3 heures

Classe



3.1. Phase de mise en situation

3.1.1. Déroulement

Il s'agit dans un premier temps d'amener les phasmes en classe, de demander aux élèves de les observer, et de susciter chez eux un questionnement suite à cette première observation. Les questions sont listées et ensuite regroupées en catégories constituant les différents points à aborder dans une étude complète des phasmes. A ce moment, il faut veiller à faire émerger toutes les catégories14 nécessaires à la réalisation d'une fiche descriptive et d'élevage des phasmes.

Dans un second temps (si cela n'a déjà été fait en vue de faire émerger les différentes catégories) il faut annoncer aux élèves le projet dans lequel ils sont placés : effectuer une recherche documentaire via l'internet15 sur le thème des phasmes en vue d'en réaliser une fiche descriptive et d'élevage.



3.1.2. Intérêt pédagogique

Tout d'abord, le fait de partir de l'observation d'êtres vivants amène une motivation extrinsèque.

Ensuite, il paraît important, dans le cadre des conditions pédagogiques nécessaires à la bonne intégration de l'internet dans des activités d'apprentissage (cfr. chapitre 4), de mettre les élèves en projet. Cela permet de donner du sens à leur apprentissage en leur montrant la finalité du travail qu'ils accomplissent.



3.2. Phase d'introduction à la méthode de recherche

3.2.1. Déroulement

Lors de cette phase, les élèves sont amenés à réfléchir sur la démarche à employer pour effectuer une recherche sur le WWW à l'aide d'un moteur de recherche. Cette démarche est construite en même temps que d'être visualisée sur grand écran en salle multimédia.

Les différentes étapes à suivre sont décrites ci-dessous sous forme de questions à poser aux élèves. Elles sont suivies procédures à respecter par le professeur.

  1. Comment accéder aux moteurs de recherche à l'aide du navigateur Web ? Montrer aux élèves les deux marches à suivre possibles.

  2. Quel moteur de recherche choisir parmi ceux proposés ? Discuter des différentes spécificités des moteurs de recherche et choisir celui qui est le plus approprié dans le cadre de la recherche qui va être menée.

  3. Après avoir choisi un moteur ("Alta Vista" par ex.), comment lancer une recherche sur un thème bien précis ? Montrer aux élèves qu'il est possible d'effectuer une recherche en introduisant des mots-clefs ou en se servant du répertoire proposé. Seule la première méthode sera envisagée ici.

  4. Quels mots-clefs faut-il introduire ? Demander aux élèves de réaliser une liste de mots-clefs se rapportant au thème de la recherche. Leur faire remarquer que parmi ceux-ci il y en a des plus généraux et des plus spécifiques. Introduire un mot-clef général (par ex. : "insecte") et constater que l'on obtient du "bruit", c'est à dire un nombre tel de références de sites que l'on ne peut les visiter tous. Faire de même avec un mot-clef très spécifique (par ex. : "phasmidae") et constater que l'on obtient le "silence", c'est à dire aucune référence de site. En arriver à la conclusion de la nécessité d'introduire au départ un mot-clef intermédiaire, et de passer par la suite à un mot-clef plus général ou plus spécifique en fonction du nombre de références obtenues.

  5. Une fois un nombre acceptable de références de sites acceptable obtenu, faut-il aller les visiter tous ? Introduire un mot-clef (par ex. : "phasme") donnant un nombre acceptable de références (moins de 50 de préférence) et demander aux élèves quels sites leur paraissent intéressants et pourquoi. En arriver à la conclusion qu'il faut, avant d'aller visiter un site, en lire et comprendre (ce qui relève souvent du décodage) la brève description donnée par le moteur.



3.2.2. Intérêt pédagogique

Cette phase présente un double avantage.

D'une part, l'élève est amené à mieux cerner le cadre dans lequel rentre le thème de sa recherche afin de pouvoir réaliser une liste de mots-clefs graduelle (du plus général au plus spécifique). Cette capacité est d'autant plus importante qu'elle est également nécessaire pour effectuer des recherches en bibliothèque ou dans une encyclopédie.

D'autre part, l'élève est amené à structurer les informations16 en effectuant un tri entre les références de sites qui lui paraissent intéressantes et celles qui ne rentrent pas dans le cadre de la recherche. Il s'agit donc pour lui de distinguer l'essentiel de l'accessoire.



3.3. Phase d'introduction à la démarche de validation de sites

3.3.1. Déroulement

Lors de cette phase, se déroulant en salle multimédia, il s'agit d'amener les élèves à réfléchir sur l'importance de poser un regard critique face aux informations disponibles sur l'internet et de construire avec eux un outil d'évaluation de sites. Pour ce faire, il est nécessaire de partir d'un site peu fiable17 du point de vue de l'information qu'il dispense (en choisir un au préalable parmi ceux trouvés à l'aide du moteur de recherche) afin d'éveiller un certain scepticisme chez l'élève.

Les différentes étapes de cette phase se présentent de la même manière que celles de la précédente.

  1. Les informations disponibles sur ce site paraissent-elles intéressantes pour réaliser la fiche descriptive des phasmes ? Demander aux élèves de lire quelques passages du site et de donner leur avis par rapport aux informations. En arriver à la conclusion qu'il est nécessaire de poser un regard critique face aux sites que l'on peut trouver sur le WWW car certains présentent des informations qui ne sont pas fiables. Insister sur le fait que l'internet regroupe un nombre impressionnant d'auteurs (pour la plupart improvisés) et qu'il ne peut donc en aucun cas être cité comme une référence bibliographique.

  2. Quels sont les indicateurs de la crédibilité d'un site ? Faire prendre conscience aux élèves de la nécessité de trouver des critères18 permettant de valider ou non un site. Rechercher avec eux ces critères en effectuant une critique externe et interne de plusieurs sites. Leur distribuer ensuite une fiche de validation19 des sites reprenant les différents critères importants à prendre en compte dans l'analyse critique d'un site (les critères repris dans cette fiche doivent être choisis en fonction du niveau des élèves).

3.3.2. Intérêt pédagogique

Cette phase rencontre en partie le second objectif de la séquence de leçons puisqu'elle permet de sensibiliser l'élève à l'importance de poser un regard critique face à l'information et de lui fournir outil de détermination de la valeur d'une information.

Un autre aspect intéressant réside dans la participation des élèves à la recherche de critères et à la construction d'une fiche de validation.



3.4. Phase de recherche sur l'internet

3.4.1. Déroulement

Au cours de cette phase, les élèves doivent accomplir la recherche documentaire sur le thème des phasmes et en retirer les informations nécessaires à la réalisation de la fiche descriptive. Ils reçoivent à cet effet une feuille de consignes20 reprenant l'objectif de l'activité et la marche à suivre. Cette phase se déroule dans une salle équipée d'ordinateurs reliés à l'internet.

Pour ce faire, ils sont répartis en groupes de 4 ou 5 élèves, chacun de ces groupes ayant pour objectif de réaliser une fiche descriptive. Les consignes pour la réalisation de l'activité sont les suivantes :

A la fin de cette phase, les fiches de validation de sites complétées par les élèves sont reprises en vue de préparer la phase suivante.



3.4.2. Intérêt pédagogique

C'est à ce niveau que sont véritablement exercées les capacités visées par l'ensemble de la séquence puisque les élèves sont amenés d'une part à apprendre quelques-unes des fonctionnalités de l'internet, et d'autre part à effectuer une analyse critique de sites.

Un autre point fort de cette phase réside dans la prise de conscience de la part des élèves des exigences du travail collaboratif. Ceci est d'autant plus important que la plupart des applications pédagogiques de l'internet font appel au travail en équipe.



3.5. Phase d'exploitation de la recherche

3.5.1. Déroulement

Lors de cette phase les fiches de validation de sites réalisées par les élèves au cours de la phase précédente sont mises en commun en vue de relever, pour les mêmes sites visités, les causes de divergences dans la réponse aux critères.

Tout d'abord, le professeur doit reprendre les différentes fiches de validation et comparer celles traitant d'un même site en vue de relever d'éventuelles divergences entre les élèves dans les réponses aux critères21.

Ensuite, en salle multimédia, les sites visités par les élèves sont repris et pour chacun d'eux, les critères sujets à divergence sont rediscutés avec toute la classe (en particulier avec les élèves ayant réalisé l'analyse). Il est important de réexpliquer la signification de chacun des critères et de rechercher avec les élèves les causes d'erreurs dans la réponse à ceux-ci.

Enfin, à titre d'exercice, il est intéressant de réaliser avec les élèves une analyse critique d'un site qu'ils n'ont pas eu l'occasion de visiter

3.5.2. Intérêt pédagogique

Cette démarche permet de faire prendre conscience aux élèves de la difficulté de réaliser une analyse critique et de la nécessité de ne pas être superficiel lors de sa réalisation. Elle permet également de situer plus précisément les faiblesses des élèves par la détermination des causes des erreurs commises.



3.6. Phase de réalisation de la fiche

Au cours de cette dernière phase, les élèves réalisent par groupe la fiche descriptive proprement dite. Une très grande liberté leur est laissée dans la conception de celle-ci, mais ils doivent cependant respecter 3 consignes :

  1. leur fiche doit comporter les différentes catégories fixées au départ,

  2. ils doivent synthétiser les différentes informations recueillies et non pas se contenter de les recopier,

  3. ils doivent réaliser chacun le schéma d'un phasme consécutivement à l'observation et le joindre à la fiche de leur groupe.

3.6.1. Intérêt pédagogique

Une fois encore, l'accent est mis sur l'apprentissage du travail en groupe par les élèves. En effet, ils sont en effet amenés à :

4. Analyse de l'expérimentation

4.1. Mise en place

La principale difficulté rencontrée dans la mise en œuvre de la séquence de leçons réside dans la difficulté de disposer des locaux informatiques reliés à l'internet. En effet, dans l'école de stage, l'utilisation des locaux est généralisée à l'heure actuelle, ce qui ne facilite pas l'intégration de nouvelles activités dans les plages horaires d'occupation de ceux-ci. Par conséquent, la séquence de leçons a du être aménagée en fonction de ces dispositions pratiques.

Face à ce problème, on peut se demander si les équipements fournis par la Région wallonne aux différentes écoles secondaires ne risquent pas d'être à terme, saturés par une trop grande utilisation. Si c'était le cas, une des conséquences possibles serait de voir une poignée de professeurs les monopoliser, entraînant ainsi le découragement et le désintéressement de leurs collègues vis-à-vis de leur implication dans l'utilisation de l'internet au sein de leurs cours.



4.2. Déroulement

Dans un premier temps, il faut relever certaines constatations par rapport aux comportements des élèves au cours de la séquence de leçons.

  1. Les élèves paraissaient plus motivés pour réaliser ce genre d'activité que pour les activités habituellement proposées au cours. Ce constat renforce les résultats de certaines recherches selon lesquelles l'intérêt des élèves est plus grand pour des activités d'apprentissage intégrant l'utilisation de l'internet (cfr. chapitre 4). Il faut néanmoins remarquer que le fait de partir d'un support concret (les phasmes) joue également un rôle dans la motivation des élèves.

  2. L'introduction de l'utilisation de l'internet dans la recherche permet également de différencier les méthodes et d'impliquer des élèves qui le sont généralement moins lors d'activités habituelles. Ainsi, deux élèves peu actifs se sont fortement investis dans l'activité au point de continuer la recherche d'informations sur les phasmes en dehors du cadre du cours.

  3. Il est étonnant de constater par rapport à l'utilisation de l'internet que les élèves s'approprient rapidement le fonctionnement du logiciel de navigation et qu'ils se meuvent avec facilité parmi les différents sites en utilisant les hypertextes.

  4. Il est aussi important de souligner en ce qui concerne l'analyse critique de sites que les élèves sont dès le départ conscients de la grande diversité d'informations (au niveau qualitatif) disponibles sur l'internet et qu'ils se rendent rapidement compte du caractère fiable ou non d'un site. Leur jugement est cependant fort intuitif et ils éprouvent des difficultés à citer les critères qui leur permettent de le porter celui-ci. De plus, les élèves ne sont pas toujours capables d'utiliser une fiche reprenant des critères de validation de l'information. Les principales difficultés relevées en ce sens sont liées à la compréhension des critères ou à une analyse trop superficielle des sites et des informations qu'ils dispensent. Devant l'esprit critique peu structuré des élèves, la démarche entreprise dans cette séquence de leçons se justifie donc pleinement.

Dans un second temps, il importe de définir les améliorations à apporter à la séquence en se basant sur les résultats de son expérimentation.

  1. Il serait nécessaire de créer une fiche de validation de sites permettant, par système de points attribués à chacun des critères, d'arriver à une conclusion plus claire quant à la fiabilité d'un site (ce que ne permet pas la fiche utilisée dans la séquence). Une telle fiche présenterait cependant deux désavantages majeurs :

    - elle serait très complexe à utiliser car elle nécessiterait la présence de nombreux critères,
    - elle rendrait l'analyse critique d'un site longue et fastidieuse à réaliser.

  2. Il pourrait être intéressant d'introduire d'autres modes de recherche, tels que les répertoires ou les messageries collectives, afin de donner à l'élève une autre image de la recherche sur l'internet. Il faut cependant veiller cependant à ne pas noyer l'élève dans des difficultés insurmontables : le passage à d'autres méthodes de recherche, ainsi qu'à un moindre encadrement de l'élève lors de telles activités, doit se faire de manière graduelle.



4.3. Evaluation des objectifs

Il est très difficile d'évaluer les objectifs visés par cette séquence de leçon, d'une part parce qu'elle ne peut avoir d'effets significatifs que si elle est répétée régulièrement et d'autre part, parce les capacités qu'elle met en œuvre sont inévaluables.

L'idéal serait sans doute de réaliser cette activité plusieurs fois au cours d'une année scolaire en diminuant au fur et à mesure l'encadrement accordé à l'élève, de ne pas vouloir à tout prix évaluer ses capacités mais plutôt de s'attacher à la qualité de ses productions. Ainsi, si elles sont de qualité constante, voire croissante (tout en diminuant l'encadrement) il paraît possible de conclure à une amélioration de la maîtrise des capacités visées.



5. Portée de l'expérimentation dans l'école de stage

La mise en place de l'expérimentation dans l'école a eu un impact à deux niveaux auprès des membres du personnel éducatif de l'école.

D'abord, le sous-directeur et les maîtres de stages ont pleinement pris part à l'expérimentation de la séquence en effectuant les démarches nécessaires à son bon déroulement et en participant à l'encadrement des élèves lors de la phase de recherche sur l'internet.

Ensuite, plusieurs professeurs ont manifesté leur intérêt par rapport au sujet du travail de fin d'études et à son expérimentation. Ainsi, certains professeurs sceptiques par rapport à l'intérêt de l'internet à l'école ont voulu en savoir un peu plus sur ce sujet. D'autres, plus optimistes, ont demandé des explications sur le fonctionnement de l'internet, la marche à suivre pour trouver des sites en rapport avec leur discipline, des idées de leçons à réaliser, ou encore des outils d'évaluation de sites. Ces différents échanges prouvent que la réalisation d'une telle activité peut servir de moteur à la mise en place de projets plus ambitieux et à caractère interdisciplinaire.



Conclusion

La réalisation de ce travail m'a permis de découvrir les multiples facettes de l'internet et les extraordinaires possibilités d'apprentissage qu'offre son utilisation pédagogique. Cependant, je crois qu'il ne faut pas tomber dans le piège consistant à le considérer comme un outil miracle : il n'est pas avantageux ou dangereux en lui-même, seul l'usage que l'on en fait détermine sa valeur. Il convient donc de penser objectifs et méthode avant toute chose, autrement dit, pourquoi et comment utiliser l'internet à l'école.

Le phénomène de l'introduction de l'internet à l'école, dans ses fondements, peut être abordé de différents points de vue : sociologique, politique, culturel, … Cependant, il est aberrant de le justifier en ne prenant en considération que des arguments extérieurs à l'école elle-même. Ce sont en effet avant tout les usages et les implications pédagogiques des nouvelles technologies qui doivent se situer au cœur du débat. Plus encore, il importe au préalable de redéfinir les pédagogies dont nous voulons voir l'usage se généraliser à l'école. Ce sont elles qui apporteront un bénéfice pour l'apprentissage en trouvant appui sur les potentialités de l'internet.

Ces apports bénéfiques passent nécessairement par la formation efficace des professeurs à l'utilisation de l'internet. Celle-ci est d'autant plus importante que la mise en place des conditions pédagogiques nécessaires à la bonne intégration de l'internet dans des activités d'apprentissage exige de la part des professeurs une bonne maîtrise de ses fonctionnalités. Il serait intéressant de mener une étude plus approfondie concernant l'efficacité de ces formations.

Il faut également veiller à mettre à la disposition des professeurs des modèles précis d'utilisation pédagogique de l'internet basées sur les différentes conditions pédagogiques susmentionnées. La conception et l'expérimentation de tels outils pourraient faire l'objet de travaux disciplinaires ou interdisciplinaires ultérieurs.



Bibliographie

Liens

1 Dans l'enseignement libre, la formation des professeurs et des "personnes ressources" sera prise en charge par les Services Diocésains.

2 Afin de garantir au mieux la disponibilité d'une personne ressource, chaque établissement scolaire désigne une personne ressource principale et une personne ressource suppléante.

3 La description complète de ces centres est présentée dans l'annexe 2

4 Vu la taille relativement conséquente du rapport de recherche (une centaine de pages), il n'est pas joint en annexe du présent travail, mais peut être consulté sur l'internet à l'adresse mentionnée dans la bibliographie.

5 Remarquons à ce sujet que M. Cohen et M. Riel, dans leur étude "The effect of distant audiences on students' writing" (1989), concluaient que lorsque les élèves écrivent à un auditoire de pairs à distance :

6 Le tutorat peut également avoir une dimension planétaire. Ainsi, un organisme de charité américain rassemble des tuteurs professionnels et propose ses services d'aide aux étudiants de tous les ordres d'enseignement et de tout niveau d'habileté, en incluant plus spécialement les handicapés et ceux que les circonstances de la vie rendent incapables de s'inscrire à un programme d'études régulier.

7 A titre d'exemple, le "New Jersey Networking Infrastructure in Education" publie une page Web à partir de laquelle il est possible d'accéder à plusieurs services d'experts dans les domaines les plus variés. Ces experts (plus d'une centaine) sont des individus et plus souvent des collectifs rassemblés sous des thèmes généraux (science, médecine, informatique, etc.).

8 Une méthode de recherche ainsi qu'une liste de critères de validation de sites Web est jointe en annexe 4.

9 Ces répertoires de sites structurés par thèmes sont souvent couplés à des moteurs de recherche (cfr. annexe 3).

10 Dans de nombreuses écoles primaires, les élèves étaient partie prenante dans la réalisation d'un site Web. Une étude menée par deux étudiants de l'école normale primaire Ste Marie de Huy tentant de déterminer l'apport d'une telle activité est actuellement en cours. Les résultats seront publiés en Juin 99.

11 La plupart des grands organismes de presse publiant principalement sur le Web proposent à leurs lecteurs de s'abonner à leur liste de diffusion afin de les tenir au courant de leurs dernières publications. L'annexe 5 en répertorie quelques-uns.

12 L'adresse de ces sites est indiquée dans l'annexe 5.

13 La plupart des grands organismes de presse publiant principalement sur le Web proposent à leurs lecteurs de s'abonner à leur liste de diffusion afin de les tenir au courant de leurs dernières publications. L'annexe 5 en répertorie quelques-uns

14 Ces différentes catégories sont reprises dans l'annexe 6

15 Un guide de recherche documentaire sur l'internet est repris en annexe 4.

16 Pour rappel, la structuration des informations est une des conditions pédagogiques à la bonne intégration de l'internet dans des activités d'apprentissage.

17 Le site choisi dans ce but est un site réalisé par des élèves d'une école primaire. Les informations qu'il propose sont donc formulées dans un langage loin d'être scientifique.

L'adresse de ce site est la suivante : http://www.momes.net/dictionnaire/p/phasme.html

18 Une liste de critères de validation de sites Web est jointe en annexe 4.

19 La fiche utilisée ici est reprise en annexe 7.

20 Cette feuille est reprise en annexe 6.

21 La réalisation d'une telle phase n'est possible qu'à deux conditions : d'une part, que le nombre de sites visités par les élèves soit relativement restreint et d'autre part, que les critères soient comparables (critères dichotomiques de préférence) et ne soient pas trop nombreux.

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